Tenues de protection Ouvry décline son savoir-faire pour l'agriculture

AFP

La société Ouvry, spécialisée dans les tenues et masques de protection contre les risques nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC), a commencé à décliner son savoir-faire pour les agriculteurs et les ouvriers maniant des substances toxiques.

L'objectif est de réduire sa dépendance au marché militaire qui représentait 100 % de ses ventes il y a cinq ans et encore 70 % aujourd'hui, a indiqué jeudi son fondateur Ludovic Ouvry lors d'une rencontre avec la presse à Lyon. Ouvry commercialise des tenues de protection « respirantes », plus confortables à porter que les tenues étanches traditionnelles, mais tout aussi efficaces grâce à une doublure filtrante à base de charbons actifs qui piègent les particules nocives. Ces tenues peuvent être portées jusqu'à 24 heures, contrairement à ces « "gants Mapa géants", encore en dotation dans de nombreuses forces armées, qui ne permettent pas de travailler plus d'une demi-heure sans dégouliner », a relevé Ludovic Ouvry.

Hors de ses débouchés militaires traditionnels, la société équipe désormais les pompiers de Paris et de Marseille, des Samu, certaines ONG comme MSF et même la RATP. Elle veut désormais convaincre « les agriculteurs d'acheter des tenues quatre à cinq fois plus chères que les tenues plastiques » qu'ils devraient utiliser lorsqu'ils manient des produits phytosanitaires mais qu'ils rechignent à porter en raison de leur inconfort. Consacrant plus de 10 % de son chiffre d'affaires à la recherche, Ouvry a mis au point des textiles qui « s'autodécontaminent », y compris lorsque confrontés aux gaz les plus toxiques comme le Vx. Les produits recourant à cette technologie sont « en cours d'industrialisation ».

La société réalise un chiffre d'affaires « compris entre 5 et 10 millions d'euros », a indiqué son fondateur, sans plus de précisions. Présente dans 27 pays, elle se dit rentable. L'entreprise a commencé à décoller en 2005 avec l'obtention du contrat pour fournir la tenue NBC du projet Felin d'équipement du fantassin du futur, soit 22 000 pièces. Ouvry emploie une vingtaine de salariés mais ses effectifs atteignent une cinquantaine de personnes lorsqu'on prend en compte l'ensemble de son « écosystème » (étudiants chercheurs, conseillers militaires, consultants...). Elle a réalisé l'an dernier 51 % de ses ventes à l'international et veut accroître encore cette proportion, ce qui pourrait passer par de la croissance externe. À l'occasion de ses quinze ans, l'entreprise inaugurera début avril son nouveau siège social, installé dans un bâtiment rénové de l'ancien complexe industriel de Rhodiaceta, dans le quartier lyonnais de Vaise. Son capital est détenu à 80 % par Ludovic Ouvry, un ancien ingénieur textile et chimiste venu de Messier-Bugatti (devenu Safran Landing Systems), le solde appartenant à plusieurs personnes physiques. 


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