Sondage À ce jour, « il n'existe pas de réelle alternative aux néonicotinoïdes »

Terre-net Média

L'interdiction de l'utilisation des néonicotinoïdes au 1er septembre 2018 entraîne des impasses agronomiques pour bon nombre d'agriculteurs. Les leviers agronomiques permettent de contribuer à lutter contre les insectes ravageurs en cause mais il n'existe pas encore aujourd'hui d'alternatives aussi efficaces. Cela constitue un des sujets d'études majeurs pour les différents acteurs du monde agricole.

BetteravesLa recherche d'alternatives aussi efficaces que les néonicotinoïdes est en cours mais cela demande beaucoup de temps. (©Terre-net Média)

Clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride, thiaclopride et acétamipride... Depuis le 1er septembre, l'utilisation de ces différentes substances actives de la famille des néonicotinoïdes est interdite. Cela n'est pas sans conséquence pour les agriculteurs, qui sont parfois dans de véritables impasses agronomiques contre les insectes ravageurs, pour les cultures de betterave et de maïs notamment. 

Pour près de la moitié des agriculteurs, l'application d'autres substances chimiques représente la principale alternative aux néonicotinoïdes, selon un sondage publié sur Terre-net entre le 4 et 11 septembre 2018 (1 267 votants). Suivent ensuite le fait de retarder les dates de semis pour 23 % des agriculteurs et le choix de variétés moins sensibles pour 16,4 %. La diversification de la rotation constitue l'alternative majeure pour près de 12 % des votants.

Selon un rapport récent de l'Anses, « la lutte biologique, la lutte physique par application d'une couche protectrice (huile de paraffine, argile...), et la lutte par confusion sexuelle » représentent des alternatives à cette famille d'insecticides. Elle encourage une approche de «  lutte intégrée  », combinant ces solutions : « une observation très régulière des bioagresseurs dans les parcelles et la mise en œuvre en premier lieu de l'ensemble des méthodes de lutte non chimiques ». Pour l'Anses, l'application d'un insecticide ne doit intervenir qu'en dernier recours. Elle reconnaît toutefois que « l'impact sur l'activité agricole de l'interdiction des néonicotinoïdes est difficile à anticiper ».

« Un sujet vaste et difficile »

« Les leviers agronomiques peuvent contribuer à la lutte contre les insectes ravageurs mais il n'existe pas de réelle alternative aux néonicotinoïdes. Le sujet est vaste et difficile », confie Aurélien Dubos, conseiller cultures de la Chambre d'agriculture de l'Eure (27). Pour accompagner les agriculteurs, la CA 27 a mis en place un réseau de piégeage (plaques engluées) afin de prévenir les risques. Toutefois, « les tests au laboratoire prennent beaucoup de temps pour déterminer si les pucerons sont vecteurs ou non de virus. Or, pour agir dans les meilleurs délais, les agriculteurs doivent être avertis rapidement ». La CA 27 teste la culture de plantes hôtes, plus attractives pour les pucerons, à proximité de la culture principale.

Dans son réseau d'expérimentation, la Chambre d'agriculture de l'Oise travaille aussi sur  les plantes compagnes en betterave, qui pourraient avoir un effet « répulsif » vis-à-vis des pucerons vecteurs de la jaunisse virale, présente Inma Tinoco, conseillère cultures. L'identification d'alternatives efficaces aux néonicotinoïdes avance, mais cela demande du temps... « Aujourd'hui, mon meilleur espoir pour la prochaine campagne reste la météo, ajoute Aurélien Dubos. Les températures fraîches seront les meilleurs alliées des agriculteurs contre les pucerons ».

Et selon vous, quelles sont les alternatives possibles face à l'arrêt de l'utilisation des néonicotinoïdes ? N'hésitez pas à laisser vos commentaires.

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