Sorgho Des perspectives favorables à tous les niveaux

Terre-net Média

Semences de Provence, spécialiste du sorgho, fête ses 50 ans. L’occasion pour le semencier de remettre en avant les atouts de la culture et de se féliciter du regain d’intérêt dont elle est l’objet. Il a également décerné les Trophées du sorgho à quatre agriculteurs.

Sorgho grain. Les prix du sorgho sur les marchés mondiaux suivent de très près ceux du maïs avec un différentiel favorable au sorgho depuis quelques mois. (©Terre-net Média)

Les surfaces françaises de sorgho fluctuent. Deux fois depuis les années 70 elles ont atteint 100 000 ha. En 2008, elles passaient sous les 40 000 ha. Depuis, elles ont plutôt tendance à augmenter. En 2014, elles atteignaient 65 000 ha et cette année légèrement moins, 61 723 ha. Denis Villenave, directeur de Semences de Provence, y voit une consolidation du marché. « Le sorgho confirme ses atouts de culture à faibles besoins en intrants particulièrement adaptée à la nouvelle Pac. Il offre une opportunité de troisième, voire de quatrième culture. »

Le sorgho présente de nombreux débouchés en grain ou plante entière. 40 % de la production mondiale de sorgho grain est destinée à l’alimentation humaine et 40 à 45 % à l’alimentation animale. Les marchés américains et européens s’intéressent aujourd’hui de près à cette céréale sans gluten, alternative au blé et à l’orge. Pour Yannick Carel et Jean-Luc Verdier d'Arvalis-Institut du végétal, le marché du sorgho offre des perspectives pour la France. « L'Europe importe chaque année une partie de sa consommation. Bien qu'absente des échanges il y a encore quatre ans, la Chine, importe plus de 4 Mt de sorgho par an, soit 80 % des importations mondiales. Elle apparaît comme un nouveau marché du fait de ses besoins croissants en céréales fourragères et de la volonté de l’État chinois de diversifier ses sources de matières premières. »

Intérêt des fabricants d'aliments du bétail

En France, l’excellente production 2014 (382 000 t) a entraîné une forte augmentation de l’intégration du sorgho dans la fabrication d’aliments du bétail passant de 22 000 t à 48 200 t au 1er mai 2015 par rapport à la même période l’année précédente. Les sorghos français se caractérisent par une composition chimique proche de celle du maïs : teneurs en amidon et matières grasses similaires, taux de protéines supérieur et absence de tanins.

Trophées du sorgho
Quatre agriculteurs ont reçu lors du cinquantenaire de la société un trophée du sorgho, récompensant leur approche de la culture. Cédric Malicot, dans les Deux-Sèvres, en cultive depuis deux ans pour diversifier sa rotation. « Son introduction a été facile puisqu'elle ne nécessite pas d'investissement spécifique. J’obtiens un bon rendement et, grâce à l'association binage et désherbage chimique, je contrôle bien les adventices. » Dans un coin sujet à la sécheresse, Frédéric Tallet, du Vaucluse, a intégré le sorgho à son assolement depuis plus de 10 ans pour sécuriser sa rotation. Avec plus de 30 ha de sorgho chacun, David Vincent dans l'Aude et Frédéric Pagès dans le Tarn-et-Garonne ont également adopté le sorgho pour sa résistance à la sécheresse. « Que ce soit en culture principale, ou en dérobé derrière une orge ou un pois, il assure des marges confortables, même une année difficile comme 2015. » Frédéric Pagès souligne en plus la qualité des terres après un sorgho dont le système racinaire puissant restructure le sol en profondeur et permet une implantation parfaite de son blé tendre à l’automne.

 


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