Envoyé spécial "glyphosate" Qu'en pensent les deux agriculteurs interrogés ?

Terre-net Média

Après le passage de l'émission Envoyé spécial consacrée au glyphosate, Vincent Guyot et Olivier Chaloche, qui ont participé au reportage « glypho or not glypho ? », nous livrent leurs sentiments. Les deux agriculteurs semblent plutôt d'accord : le message passé dans cette séquence est représentatif de leurs pratiques mais il est difficile de retranscrire tous les détails de cette problématique agricole au grand public en seulement quelques minutes. Pour le reste de l'émission, les réactions déferlent sur les réseaux sociaux depuis hier soir et dénoncent des techniques journalistiques douteuses...

Vincent Guyot et Olivier Chaloche dans un champVincent Guyot et Olivier Chaloche, deux céréaliers, l'un conventionnel et l'autre en bio, ont participé à un reportage pour l'émission Envoyé spécial dédiée au glyphosate. (©Capture émission Envoyé spécial France 2 télévisions. (Source : Twitter))

L'émission télévisée Envoyé spécial du jeudi 17 janvier était entièrement consacrée au glyphosate, herbicide largement controversé. Parmi les différentes séquences de l'émission : le reportage "glypho or not glypho ?" a présenté les pratiques des deux céréaliers Vincent Guyot et Olivier Chaloche, respectivement originaires de l'Aisne et du Loiret.

Comme présenté dans le reportage, Vincent ne laboure plus depuis 17 ans. Cette pratique nuit, selon lui, « à la fertilité du sol ». Il a donc recours au glyphosate une fois par an pour détruire certains couverts végétaux, « utilisés pour nourrir le sol ». L'agriculteur n'est pas sûr que « le labour sera le geste de l'agriculture de demain ». De son côté, Olivier n'utilise plus de glyphosate depuis son passage en agriculture bio il y a 27 ans. Il pratique donc le labour pour la destruction des couverts et la gestion des adventices. Lors de ce reportage, chacun a pu expliquer ses pratiques. Ils nous livrent leurs réactions suite à la diffusion de l'émission.

V. Guyot : « Il est difficile de rentrer dans les détails de nos pratiques en quelques minutes »

Vincent Guyot (Twitter)

Terre-net Média (TNM) : La séquence "glypho or not glypho ?" est-elle conforme au tournage réalisé ?

Vincent Guyot (VG) : Oui, complètement pour la partie « glypho or not glypho ? ». Après il est difficile de rentrer dans les détails de nos pratiques en quelques minutes. Il faut être suffisamment pédagogue pour expliquer au grand public les bases de la problématique. Je ne suis pas là pour juger la suite de l’émission.

 

TNM : Qu’avez-vous pensé du déroulement du tournage ?

VG : J'ai apprécié le respect mutuel et la bonne humeur entre nous deux. Chacun peut pratiquer sa propre agriculture et avoir ses convictions. Nous sommes tous les deux ouverts, responsables et conscients qu’il puisse exister plusieurs types d’agriculture. Tout le monde peut avoir sa place.

TNM : Quel est votre regard vis-à-vis du labour, technique utilisée par Olivier ?

VG : Cela n'a pas changé mes convictions :  je ne souhaite pas passer en bio. J'espère que cette émission aura pu montrer la transparence de notre agriculture et défendre l'utilisation du glyphosate.

O. Chaloche : « Une bonne occasion d'échanger et de prendre la parole sur ce sujet »

Olivier Chaloche (Twitter)Terre-net Média (TNM) : La séquence "glypho or not glypho ?" est-elle conforme au tournage réalisé ?

Olivier Chaloche (OC) : Oui, l'idée était de créer un dialogue entre deux choix agricoles différents et de sortir des clivages conventionnel/bio. C'est une bonne occasion d'échanger et de prendre la parole sur un sujet souvent évoqué dans la presse et par les organisations, mais rarement par les agriculteurs.

 

TNM : Qu’avez-vous pensé du déroulement du tournage ?

OC : En tout, il y a huit jours de tournage. Chacun a donc eu le temps d'expliquer ce qu'il voulait défendre. Mais il est difficile de présenter toutes les informations en seulement 25 minutes... Vincent Guyot est vraiment un bon agriculteur, qui optimise au mieux ses applications phytosanitaires sur les cultures. C'est dommage que certaines parties ne soient pas passées hier soir, comme son installation RTK qui lui permet de ne pas faire de doublons et d'appliquer la juste dose au bon endroit. Il fait le maximum pour contenir la pollution agricole, tout le monde n'est peut-être pas à ce niveau.

TNM : Quel est votre regard vis-à-vis de l'utilisation du glyphosate, pratique utilisée par Vincent ? 

OC : J'ai été vraiment impressionné par la "pharmacie" de Vincent (NDLR, local phytosanitaire). Dépenser chaque année environ 25 000 € dans les produits de santé des cultures ne répond pas à ma problématique. Mais le glyphosate est l'arbre qui cache la forêt... Si on interdit le glyphosate précipitamment et que les agriculteurs doivent utiliser trois herbicides après, on n'aura rien gagné dans cette affaire-là. Il est important que les agriculteurs soient accompagnés dans cette transition.

Les internautes dénoncent un manque de preuves

Si, pour le passage "glypho or not glypho ?", les deux agriculteurs s'accordent à dire que le message reflète la réalité du terrain, la suite de l'émission a très largement fait réagir les internautes sur les réseaux sociaux. Ils sont notamment nombreux à dénoncer des techniques journalistiques douteuses et un manque de preuves concernant les différentes informations relayées.

Et les avis concernant le glyphosate divergent...

Certains arrivent à se passer de cet herbicide total non sélectif dans leur système. Pour d'autres, cela s'avère plus compliqué... Parmi les impasses citées, on relève notamment l'agriculture de conservation des sols, les zones en pente ou les cultures spécifiques (semences, légumes frais et de conserve...). Dans ces conditions, certains agriculteurs demandent juste un peu de temps supplémentaire pour trouver une (ou des) alternative(s) aussi efficace(s) et économique(s) que le glyphosate.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous