Pratiques culturales Peu d’évolution du nombre de traitements en grandes cultures

Terre-net Média

En blé, première culture nationale, il n’est pas constaté de différences importantes concernant les nombres moyens de traitements entre 2006 et 2011. Seuls l’orge et le tournesol voient ce nombre baisser légèrement sur la période. En cas de progression, c’est souvent le fait de traitements herbicides.

Pulvérisateur au champLe nombre de traitements en culture entre 2006 et 2013 n'a pas évolué dans l'absolu. (©Terre-net Média)Agreste, le service statistiques et prospective du ministère de l’Agriculture, publie les résultats de son enquête pluriannuelle portant sur l’évolution du nombre de traitements phytosanitaires en grandes cultures entre 2006 et 2011.

Au niveau national, en 2011, tous produits confondus, il se situe à 5,8 pour le blé tendre et monte jusqu’à 18,6 pour la pomme de terre. En détail et en vrac, s'agissant des traitements de semences, la quasi-totalité des surfaces ont été implantées avec des semences ou des plants ayant été traités. Le triticale est l’espèce qui a la plus importante part de surface implantée avec des semences non traitées (16 % au niveau national). De même, la quasi-totalité des surfaces reçoivent au moins un herbicide ou un fongicide quelle que soit la culture, à l’exception du maïs qui ne reçoit pratiquement aucun fongicide. La part de surface recevant au moins un insecticide est plus variable selon les cultures.


Nombre de traitements par culture.

Le tournesol et le triticale sont les cultures qui reçoivent le moins de traitements phytosanitaires en moyenne : respectivement 2,4 et 2,6. À l’opposé, la pomme de terre et la betterave ont les nombres les plus élevés : respectivement 18,6 et 16,4. (©Agreste - Enquête Pratiques culturales 2011)

« Ces moyennes nationales recouvrent toutefois des disparités importantes selon les régions, en lien notamment avec les spécificités pédoclimatiques, les niveaux de pressions parasitaires et les potentiels de rendement », rappellent les enquêteurs.

Nombre de traitements ne signifie pas dose appliquée

Cette note présente des premiers résultats sur le nombre moyen de traitements phytosanitaires selon les espèces, au niveau national et au niveau régional. Un traitement correspond ici à l’application d’un produit lors d’un passage quelle que soit la dose appliquée. Un même produit appliqué en deux fois compte ainsi pour deux traitements. Un mélange de deux produits appliqué lors d’un même passage compte également pour deux traitements. Cet indicateur ne prend donc pas en compte les doses épandues lors de chaque passage alors que certaines cultures peuvent être traitées avec plusieurs passages à faibles doses alors que d’autres sont moins souvent traitées mais avec des doses plus importantes à chaque passage. Le désherbage de la betterave, par exemple, repose souvent sur des passages nombreux avec application de doses réduites et utilisation de mélanges complexes.

Ces premiers résultats seront donc ultérieurement enrichis d’analyses complémentaires visant à prendre en compte les doses pour mesurer les pressions sanitaires en termes d’Ift (indicateur de fréquence des traitements).

Une comparaison difficile à interpréter

« La comparaison des résultats entre 2006 et 2011 doit être faite avec une grande prudence. En effet, de multiples facteurs peuvent expliquer les évolutions observées : différences de conditions pédoclimatiques, de pressions sanitaires, de type de sol, de variétés semées et d’objectif de rendement entre les deux années. Il est donc, par nature, difficile d’isoler l’effet propre des mesures du plan Ecophyto entre 2006 (2 à 3 ans avant le lancement du plan) et 2011.

Culture par culture, pour les mêmes raisons, le nombre total moyen de traitements phytosanitaires est également variable selon les régions. Ainsi, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur applique un traitement phytosanitaire en moyenne pour le blé dur alors que la région Centre atteint 5,5 pour coller à un potentiel de rendement plus élevé et un climat plus favorable à certaines maladies majeures (septoriose, piétin verse). Pour les céréales à paille, l’utilisation de régulateur de croissance est beaucoup plus fréquente dans le Nord : 80 % des surfaces pour le blé tendre en Picardie et Haute-Normandie, contre 2 % en Aquitaine ou Auvergne. Les régulateurs sont en effet surtout utilisés dans les climats frais et humides, sans ensoleillement au cours de la montaison. Les régions du Nord de la France ont ainsi plutôt des nombres de traitements phytosanitaires supérieurs à la moyenne nationale quelle que soit la culture. À l’opposé, les régions du Sud appliquent plutôt moins de traitements phytosanitaires.

Aucune inflexion franche

Globalement, le nombre total moyen de traitements n’est pas significativement différent en 2011 par rapport à 2006 dans les régions pour lesquelles des évolutions peuvent être calculées entre les deux campagnes.

Le nombre moyen total de traitements sur le blé tendre, comme sur le blé dur, les pommes de terre et le pois, n’est pas significativement différent entre 2006 et 2011, aussi bien au niveau national qu’au niveau régional. Seules deux régions ont un nombre total de traitements significativement plus faible en 2011 qu’en 2006 sur blé tendre : le Centre et l’Auvergne. En pois, la progression de l’emploi d’herbicides vient contrebalancer la baisse significative de celui des fongicides.

Le nombre moyen total de traitements phytosanitaires sur l’orge baisse légèrement au niveau national, notamment sur le poste de la régulation. S’agissant des fongicides, seule la région Champagne-Ardenne voit leur utilisation baisser. Il est également plus faible en tournesol notamment du fait des résultats en Poitou-Charentes et Midi-Pyrénées concernant le recours aux molluscicides et insecticides.

Sur colza, le nombre de traitements phytosanitaires augmente entre 2006 et 2011 au niveau national. Il est à la hausse en Franche-Comté, en Poitou-Charentes, en Picardie et en Champagne-Ardenne, notamment sur les postes herbicides et fongicides. En maïs, les résultats globaux masquent des évolutions contrastées. Les traitements herbicides semblent avoir plutôt progressé, et ce, de façon significative pour le maïs fourrage. Enfin, le nombre moyen de traitements herbicides sur la betterave a progressé entre 2006 et 2011, du fait des évolutions notables dans les régions Île-de-France et Champagne-Ardenne.

Source : Agreste

© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net

Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous