Engrais liquides Stocker en toute sérénité

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L’installation d’un stockage de solution azotée implique de réfléchir au matériau de la cuve, en fonction de sa résistance dans le temps, et à l’aménagement de l’espace. Ces deux points s’avèrent essentiels afin de préserver l’intégrité du produit et de protéger l’environnement de tout risque de fuite.

Cuve rigideLes cuves rigides en acier inoxydable résistent aux agressions chimiques, donc à la corrosion. (©Groupama)

Les solutions azotées sont des liquides incolores et inodores. Salines, elles peuvent entraîner la corrosion de certains métaux ou alliages. Même si elles contiennent généralement un inhibiteur de corrosion, le choix du type de cuve, notamment du matériau, se fait principalement en fonction de sa résistance. 

Les cuves souples sont constituées d’une trame en fibre polyester ou tissu synthétique, recouverte sur les deux faces par des composants Pvc. Peu onéreuses à l’installation, elles ont l’inconvénient d’être sensibles aux conditions atmosphériques. D’une capacité variant de quelques dizaines à 100 voire 200 m3, ce genre de réservoir est, de préférence, entreposé sous abri, dans l’enceinte de l’exploitation, sur un terrain nivelé et dégagé de toute aspérité, cailloux en particulier. Pour empêcher les débordements lors du remplissage, penser également à mettre un dôme de sable sous la citerne, à l’aplomb de l’évent.

Entretien régulier

Les cuves rigides à simple ou double paroi, horizontales ou verticales, en métal ou plastique, doivent également résister aux agressions chimiques et aux écarts de température. L’acier inoxydable est idéal contre la corrosion. Mais l’acier ordinaire avec un revêtement interne protecteur (peinture époxy), posé par un professionnel, fait également l’affaire. Quant aux résines synthétiques armées de fibres de verre textile, elles supportent bien les attaques chimiques, moins les variations climatiques et sont donc fragiles dans le temps. 

Les stockages à double paroi sont par nature conçus pour prévenir les fuites. Ils peuvent donc se passer d’un système de rétention si les vannes entrée/sortie sont situées au point haut de la cuve, et s’il existe une alarme sonore et visuelle de détection d’incident. Quoiqu’il en soit, il est conseillé d’installer la cuve, avec l’aide d’un professionnel :

  • loin des cours d’eau, des points de captage et du réseau de collecte des eaux pluviales ;
  • à l’écart des voies de circulation, dans un endroit peu accessible ;
  • sur un emplacement stable et plat, facile d’accès (pour le pulvérisateur et les camions citernes) mais protégé d’une barre d’arrêt ou d’un muret ;
  • sous abri pour ne pas recueillir les eaux de pluie, ni être exposé aux agressions extérieures ;
  • avec un bac de rétention étanche pour recevoir les produits s’il y a fuite ;
  • avec des équipements de protection (cadenas sur la vanne, grillage ou garde-corps autour de la cuve, portillon fermé) pour se prémunir des actes de malveillance, notamment si l’installation est isolée ;
  • avec un ancrage au sol. Le mieux : placer les cuves horizontales sur des berceaux aux fondations renforcées et bien s’assurer de l’arrimage des modèles verticaux.

Les vannes en inox sont recommandées contrairement à celles en cuivre, bronze ou plastique. Une double vanne ou un bouchon de fermeture sont indispensables. De même qu’un récipient pour collecter les écoulements à la fermeture après débranchement. Les tuyaux en acier inoxydable ou en polyester sont à privilégier, ceux en plastique rigide fortement déconseillés. Une fois la cuve installée, il conviendra de vérifier régulièrement son niveau de corrosion, de contrôler le bon état des tuyauteries, vannes, flexibles puis des dispositifs de sécurité, de nettoyer et de remplacer périodiquement les différents éléments.

Cuve souplePeu onéreuses à l'installation, les cuves souples sont sensibles aux conditions atmosphériques. (©Groupama)

Ne pas contaminer le milieu

En cas de fuite, le bac de rétention doit à la fois récupérer l’engrais et éviter une contamination du milieu. Obligatoire au-delà de 100 m³, il est préconisé pour toute nouvelle installation. Sa contenance est au moins égale à la plus importante des deux valeurs suivantes : 100 % du volume du plus grand réservoir, ou du réservoir s’il n’y en a qu’un, ou 50 % de la capacité totale des réservoirs associés à une même rétention.

Le bac de rétention des cuves rigides se compose habituellement d’un sol en béton armé, de murets en béton armé vibré ou d’agglos coffrants remplis et ferraillés. Prévoir également un enduit intérieur hydrofuge et des joints d’étanchéité pour les jonctions. La vanne de remplissage se trouve à l’intérieur du bac. Une pente au sol de 2 % vers un puisard préfabriqué facilite la reprise des écoulements éventuels, et des eaux pluviales pour les stockages extérieurs. Une pompe vide cave dans le puisard permettra de les évacuer régulièrement. 

La cuve souple doit être munie d’un dispositif d’étanchéité sous-jacent. Son bac de rétention comporte soit un sol étanche et un muret en parpaings résistant à la rupture de la cuve (comme pour les modèles rigides) ; soit un talus en argile compacté, un grillage pour dissuader les rongeurs, un lit de sable, un feutre géotextile anti-poinçonnement ainsi qu’une membrane de rétention (film plastique étanche non biodégradable).

Au niveau réglementaire 

Réglementation
Remarque : si vous possédez plusieurs cuves sur un même site, c’est la somme de leur capacité qui détermine le régime réglementaire dont vous dépendez.

Au titre de la rubrique 2175 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement (Icpe), les stockages de solutions azotées en récipients de capacité unitaire supérieure ou égale à 3.000 l sont soumis :

→ A déclarationSi de capacité supérieure à 100 m3 mais inférieure à 500 m3
→ A autorisationSi de capacité supérieure ou égale à 500 m3

Lorsque les capacités de stockage sont inférieures aux seuils indiqués ci-dessus (c’est-à-dire ≤ 100 m3), les dépôts relèvent du règlement sanitaire départemental (Rsd).

Il y a parfois des dispositions réglementaires supplémentaires au titre du code de l’urbanisme (articles R421-1 à 29) si l’exploitation est en zone vulnérable, dans un périmètre de protection de captage d’eau potable ou en zone inondable.

Le stockage d’engrais liquides est régi par l’article L110-2 du code de l’environnement. Les agriculteurs, stockant des engrais azotés liquides, doivent prendre les mesures nécessaires pour éviter toute pollution. 

Sources : "Bonnes pratiques de stockage des engrais liquides", de l’Unifa, et "Comment aménager un stockage de solution azotée ?", des Chambres d’agriculture de Seine-Maritime et de Lorraine.

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