Rendement colza Viser l'optimum en ne récoltant qu'à complète maturité... après les blés ?

Terre-net Média

Le Cetiom prévient de rester patient pour viser la récolte de colzas arrivés à pleine maturité. Pour un rendement optimal, il faudra peut-être les moissonner après les blés.

Parcelle de colza en juin.Les colzas accusent un retard à floraison de seize jours en moyenne sur la moitié est de la France. (©Terre-net Média)

Les colzas 2013 se caractérisent par un début de floraison exceptionnellement tardif. « Sur la zone est, précise le Cetiom, les différences avec 2012, année « normale » pour la date de floraison, sont importantes avec un retard moyen de l’ordre de seize jours. »

 

Ecart du début floraison entre 2013 et 2012 (à partir du suivi réalisé dans les Bsv) (©Cetiom) 

Le Cetiom mise ainsi sur une récolte très tardive pour les colzas cette année : de fin juillet à fin août selon les secteurs.

Estimation de la date de récolte optimale en Picardie (exemple de calcul réalisé à la station d'Estrées-Mons)

Sur la base de 1.400°C (base 0) pour aller de la floraison à la date de récolte agriculteur et 1.700°C (base 0) pour aller de la floraison à la date de récolte optimale, le calcul fait état d’un retard d’environ douze jours en 2013 par rapport à 2010.

En 2010, sur la station d'Estrées-Mons, de F1 à la date de récolte à maturité non optimale, 1.400°Cj étaient nécessaires, 1.700°Cj pour aller jusqu'à la date de récolte à maturité optimale (avec un gain de rendement à la clé de 4 q/ha).

Par extrapolation des références 2010 au contexte 2013, en considérant les données météo de la campagne et les normales pour la fin de cycle, la  date de récolte à maturité non optimale serait le 2 août et la date de récolte à maturité optimale le 20 août.

Un risque de récolte trop précoce

Le rendement augmente à mesure que
l'humidité des graines diminue. (©Cetiom)
Le retard dans le cycle des cultures d'hiver va entraîner des récoltes tardives et toute une série de conséquences, notamment sur la durée de l'interculture et le manque de temps pour la préparation des terres. La tentation sera grande de récolter le plus tôt possible avec le risque, en se précipitant, d'impacter fortement les tonnages récoltés.

Attendre que les graines soient sèches, même celles des siliques basses...

La décision de réaliser un échantillon pour juger de la maturité des siliques se base souvent sur l'état du haut de la végétation. Après un essai et un test d’humidité favorable (graines récoltées à 9 %), la décision de battre la parcelle est prise. « Ne pas vérifier la maturité des siliques basses, c'est prendre le risque de récolter alors qu'elles sont encore vert-jaune et qu'elles se retrouvent au sol non battues. Les pertes de rendement peuvent être importantes (4 q/ha). » Le Cetiom conseille, pour vérifier que toutes les siliques sont battues, de récolter sans broyeur sur quelques mètres et de vérifier la présence de siliques non battues dans l’andain et au sol.

…et que les pailles soient à moins de 20 % d’humidité

Cependant, les pailles et tiges vertes encore humides sont lourdes et peu mobiles. « Elles obligent l'opérateur à augmenter la vitesse du batteur et la ventilation, ce qui force le triage et accroît les pertes. » Récolter des graines à 9 % d'humidité avec des pailles à moins de 20 % est la meilleure combinaison pour récolter du colza sans perte quasiment. « Dans le contexte de l’année, cela veut dire reporter certainement la récolte des colzas après celle des blés. » Surtout que le progrès génétique a nettement amélioré le comportement des variétés face à l’égrenage en fin de cycle. « On peut ainsi se permettre d’attendre la maturité complète du colza, le risque d’égrenage étant fortement limité. »

Ne pas oublier la coupe rallongée, les réglages et la hauteur de fauche

Pour une récolte de colza optimisant le rendement, il s'agit de prendre en compte les plantes mais aussi la moissonneuse. Ainsi, une coupe avancée minimise les pertes avant et améliore le confort de la récolte. En termes de réglages, privilégier les vitesses de rotation modérées. Enfin, récolter le plus haut possible, à mi-hauteur, limite la biomasse de tige, frein au triage qui accentue les pertes.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous

Terre-net Média