Publi-information

Réchauffement climatique Comment adapter la culture de colza aux conséquences présentes et à venir ?

Corteva

Périodes de sécheresse et hausse des températures ont un impact indéniable sur la culture du colza en France. Le choix des variétés, la date de semis, la qualité de l’implantation, les cultures associées… Terres Inovia a identifié des pistes pour contourner ces aléas climatiques nouveaux.

Champ de colzaLa floraison est une période où le colza est très sensible au stress hydrique. (©Image par Karl Egger de Pixabay)

« En matière de changement climatique, les prévisions faites dans les années 1990 se révèlent dramatiquement justes, reconnaît Aurore Baillet, ingénieur développement à Terres Inovia. On est même dans le scénario le plus pessimiste. » Le colza fait malheureusement partie des cultures qui sont impactées négativement. Il est d’ailleurs concerné, depuis la fin des années 1980, avec une rupture dans la hausse des rendements qui coïncide avec le début de l’augmentation des températures. « Des chercheurs ont montré qu’au cours des 45 dernières années, le colza a perdu, en moyenne, en France, 5 q/ha à cause de la hausse des températures entre le 10 mai et le 10 juillet », indique Aurore Baillet.

Sécheresse estivale : se tenir prêt à semer avec un sol bien préparé

« L’élévation de la température, en moyenne + 0,3°C par décennie, se traduit par un allongement des périodes sèches. Le cumul annuel des pluies est stable mais leur répartition tout au long de l’année est bien moins régulière, précise-t-elle. C’est l’implantation du colza qui est la première impactée. Ces trois dernières années en sont une parfaite illustration. Et, dans ce cas, l’enjeu n’est même plus le nombre de quintaux, mais les surfaces implantées. »

Terres Inovia conseille aux agriculteurs de préparer le sol dès la récolte du précédent afin de maintenir la fraîcheur, et surtout de se tenir prêt à semer, de façon opportuniste, en fonction des prévisions de pluies. « Sur un sol pas trop asséché et bien préparé, on peut faire lever du colza avec 10 mm de pluies efficaces, souligne la spécialiste. Sur un sol asséché et préparé grossièrement, il en faudra au moins le double. »

Contrer les sécheresses printanières

Par rapport à d’autres cultures, le colza supporte relativement bien un stress hydrique modéré au printemps. Cependant, les sécheresses trop fortes empêchent le colza de bien valoriser les engrais, azotés et soufrés notamment, et par conséquent ralentissent sa croissance et diminuent sa capacité à intercepter la lumière. « Il est possible d’adapter la culture, par la qualité de l’implantation, reprend Aurore Baillet. Un bon enracinement améliore la capacité d’exploration des horizons profonds. Les colzas associés disposent également d’une capacité d’exploration du milieu plus élevée. On conseille aussi de privilégier les formes d’engrais moins sensibles à la volatilisation. »

La floraison est une période où le colza est très sensible au stress hydrique. « Entre les stades début floraison et 10 premières siliques bosselées, il a besoin d’une bonne alimentation hydrique et minérale, précise l’ingénieur. Peu de leviers peuvent être actionnés en cas de déficit, hormis la qualité de l’enracinement, la précocité variétale, ou bien sûr l’irrigation. »

Un cycle qui s’accélère sous l’effet de la hausse des températures

La hausse des températures à l’automne a l’avantage de favoriser la croissance aérienne et racinaire des plantes et de contribuer à la mise en place d’un colza robuste. Cela étant dit, elle favorise aussi le développement des larves d’insectes et l’élongation, un risque qui peut être géré par le choix variétal et la densité de semis. « De façon générale, nous devrions avoir des hivers plus doux, mais nous ne pouvons pas exclure des périodes de gels au printemps, souligne la responsable de Terres Inovia. La hausse des températures précocifie la reprise de végétation et une fois la montaison engagée, la plante ne s’endurcit plus. » Au cours des dix dernières années, la montaison a gagné 20 jours !  

A noter qu’à rayonnement égal, la température a un effet négatif sur le nombre de siliques et le nombre de grains par silique. Mais dans les faits, le rayonnement a tendance à augmenter en même temps que la température, l’effet négatif est donc compensé. Le colza supporte aussi mieux que le blé les températures élevées de fin de cycle, même si à partir de 28-29°C, il commence à être pénalisé.

Des conséquences sur les bio-agresseurs

Les premières études sur l’effet de la température sur les maladies montrent que le phoma pourrait être favorisé en Europe du Nord, mais atténué en France et que les risques verticilliose et alternaria pourraient augmenter. Concernant le sclérotinia, la germination des sclérotes est plus précoce mais le colza aussi, donc la floraison et l’émission des spores restent concomitantes. Quant aux conséquences sur les insectes, les automnes et hiver doux sont favorables à une phase d’activité plus longue des grosses altises et charançons du bourgeon terminal et accélèrent le développement des larves. « Dans le nord, dans les années 1990, les larves de grosses altises faisaient leur apparition vers le 15 avril, à la floraison, remarque l’ingénieur. Aujourd’hui, elles se manifestent dès le mois de décembre. Ce n’est plus du tout la même chose. »

« Nous attendons beaucoup de l’amélioration variétale pour adapter le colza aux évolutions climatiques, reconnaît Aurore Baillet. Mais nous testons aussi, chez Terres Inovia, des scénarios de rupture dans le cycle de la culture, avec des colzas d’hiver et des colzas de printemps semés à l’automne. » 


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Chargement des commentaires