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La technique du strip-till : conseils et retour d'expérience

Vous pratiquez le strip-till sur votre exploitation ? Quel est votre avis sur cette technique ? Venez en discuter dans les commentaires en dessous de l'article. (©Chambre d'agriculture de Bretagne)
Vous pratiquez le strip-till sur votre exploitation ? Quel est votre avis sur cette technique ? Venez en discuter dans les commentaires en dessous de l'article. (©Chambre d'agriculture de Bretagne)

« Réduction de la consommation de carburant ainsi que du besoin de puissance, maintien des résidus de surface pour limiter l'érosion... » figurent parmi les principaux atouts du strip-till, présente Jérémy Guil, responsable d'équipe gestion des sols et fertilisation à la Chambre régionale d'agriculture de Bretagne. 

Eleveur laitier et porcin en Ille-et-Vilaine, Florian Salmon met également en avant « la préservation de l'eau au printemps. Ce travail du sol plus superficiel permet aussi un meilleur réchauffement du sol et engendre moins de tassement ». Sur son exploitation, on pratique le sans-labour en blé depuis plus de 20 ans et depuis 7-8 ans en maïs. 

Le strip-till requiert une certaine technicité 

« Les inconvénients du strip-till sont peu nombreux mais suffisamment importants pour y prêter attention, précise Jérémy Guil. Le strip-till est, en effet, un outil spécifique avec un coût élevé. Pour Florian Salmon, la réflexion d'investir dans ce type de matériel a été réalisée en Cuma pour « réduire les coûts ». Utile uniquement pour les cultures à fort écartement, le strip-till requiert « une certaine technicité », ajoute Jérémy Guil. « Il faut, tout d'abord, faire attention aux types de sols auxquels on va avoir à faire pour déterminer les bonnes conditions de travail de l'outil. Une observation régulière est nécessaire pour surveiller son taux d'humidité par exemple : si un sol est trop plastique ou trop dur, l'outil ne pourra pas fonctionner correctement. »

Plusieurs types de strip-till existent, rappelle l'expert : « le strip-till à dents, à disques ou animé par prise de force. Certains modèles à dents permettent aussi de remplacer les dents par des disques pour un second passage ». En fonction d'un passage avant ou pendant le semis, « on va parler de strip-till dissocié au semis ou combiné. Dans le cas du strip-till dissocié du semis, on va chercher à travailler le sol comme on le fait habituellement, c'est-à-dire que les sols plutôt argileux et lourds vont être travaillés à l'automne pour anticiper les semis de printemps. Dans des situations de terre légère, on va plutôt chercher à passer l'outil 8-10 jours avant le semis pour que la terre puisse se réchauffer, se réessuyer... Sur des terres légères type sables ou limons, on peut aussi combiner le matériel de strip-till au semoir. 

À noter également : « les outils de strip-till animés par prise de force vont, eux, créer plutôt de la terre fine. On a moins besoin d'avoir une dissociation entre le passage de l'outil et le semoir dans ce cas-là, et il y a aussi une meilleure concordance entre la vitesse de travail de l'outil et la vitesse du semoir ». 

« Observer son sol »

L'expert liste alors quelques indispensables pour se lancer dans cette technique : 

- « Maîtriser les techniques culturales simplifiées et savoir comment se comporte sa terre selon les parcelles... pour être certain d'intervenir au bon moment » ;

- « Observer son sol avec une bêche notamment avant le passage de l'outil. Objectif : identifier si le passage de cet outil est suffisant pour corriger les défauts de structure... ».

Florian Salmon conseille également d'aller voir des personnes qui pratiquent déjà le strip-till pour partager les expériences. Sur son exploitation, l'éleveur n'est pas passé au strip-till pour l'ensemble de sa sole de maïs car il reste la problématique de la gestion des effluents d'élevage (fumier et lisier), afin d'incorporer la matière organique dans le sol. 

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