Aléas climatiques A Nantes, des « paulées » solidaires en soutien aux vignerons touchés par le gel

AFP

Un chef, un vigneron, un menu unique dont au moins 50 % de la recette sera reversée sous forme de dons : trente tables nantaises épaulent depuis mercredi, le temps d'un dîner solidaire, des viticulteurs du Muscadet durement frappés par le gel et les intempéries.

« C'est la météo qui m'a un peu décidé. Quand au mois d'avril, on a eu encore les gelées noires, et les nuits un peu fatales pour tout le monde, on se dit qu'on ne peut pas laisser comme ça dans la merde ses amis vignerons », retrace Nicolas Guiet, chef du restaurant l'U.ni, à l'initiative de cette opération « solidaire et humaine », baptisée « L'é.Paulée nantaise ».

Le jeune restaurateur associe rapidement autour de son idée d'une grande « paulée », un repas de fin de vendanges festif et solidaire, 29 autres tables parmi les plus réputées de Nantes pour « épauler le temps d'une soirée » les vignerons de l'aire d'appellation du Muscadet dont les vignes ont été, pour la deuxième année consécutive, durement touchées par les intempéries, le gel et le mildiou.

Chaque binôme s'est constitué par « affinité et habitude de travail » pour créer un menu unique mettant en avant les vins du Muscadet, et chaque établissement s'est engagé à reverser entre 50 et 100 % de son chiffre d'affaires sous forme de dons, qui seront ensuite redistribués à parts égales entre les 30 vignerons participants, explique Nicolas Guiet.

"Une pierre pour l'avenir"

Cette solidarité fait « très chaud au cœur » de Vincent Caillé, à la tête du domaine Le Fay d'Homme, au cœur de l'appellation Muscadet Sèvre et Maine, qui évalue ses pertes à « 70 à 80 % en deux ans », à cause du gel et du mildiou. « On a la chance de travailler des crus communaux, qui nécessitent trois ou quatre ans d'élevage, donc on a quelque chose à proposer à nos clients », mais « on a beaucoup d'inquiétude pour 2018 », affirme le vigneron.

Samedi soir, il proposera à l'U.ni sept vins pré-sélectionnés avec Nicolas Guiet, dont « quelques bouteilles qu'on sort pour les grandes occasions ». « Ce serait bien de faire la même opération pour fêter le fait qu'il n'y ait pas de catastrophe et entretenir cette dynamique, ces échanges entre restauration et viticulture, du gagnant-gagnant à long ou moyen terme », glisse Vincent Caillé.

« Plus qu'afficher une solidarité, on met en avant l'élan qualitatif de la gastronomie et de la viticulture. Nantes est une ville qui a longtemps tourné le dos à son vignoble mais on veut montrer aux vignerons qu'on n'a pas envie qu'ils disparaissent et qu'on est fier d'eux et de tous ceux qui se donnent la peine pour avoir aujourd'hui des cuvées qui valent bien largement certaines belles régions viticoles », renchérit le chef de l'U.ni.


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