Manifestation du 5 novembre A Pau, « laissez-nous travailler ! », scandent 1.000 à 2.000 agriculteurs

Afp

Pau, 5 nov 2014 (AFP) - Quelque 1.500 à 2.000 agriculteurs selon les organisateurs, un millier selon la police, ont manifesté mardi à Pau, embouteillant les rues de la ville avec 70 tracteurs au cri de « Laissez-nous travailler ! », a constaté une correspondante de l'Afp.

Pour suivre les manifestations en direct, cliquez sur : Suivez les manifestations Fnsea-JA de ce 5 novembre 2014

Mobilisés à l'appel de la Fdsea et des Jeunes Agriculteurs (JA) des Pyrénées-Atlantiques et des Landes, les agriculteurs protestent notamment contre les réglementations multiples qui pèsent selon eux sur leur activité.

Accompagnés de salariés d'entreprise agroalimentaires, de coopératives et concessionnaires de matériels agricoles, ils ont défilé dans un calme relatif. Certains manifestants ont toutefois lancé des œufs durant leur défilé vers le centre ville, prenant pour cible les murs de la permanence de la députée PS Martine Lignières-Cassou, le centre des impôts ou les grilles de la préfecture. Ils ont également déversé de la poussière de maïs dans les rues de Pau et, en grande quantité, devant la préfecture des Pyrénées-Atlantiques.

En tête du cortège, une pancarte en lettres blanches sur fond noir avec les sigles de la Fdsea et JA, brandie par les présidents des fédérations mais aussi par le président d'Euralis, Christian Pesse, représentant d'une des plus importantes coopératives céréalières du Sud-Ouest, proclamait : « Oui à l'environnement, non aux réglementations abusives ».

« On nous oblige à une diversité de cultures », s'est insurgé Michel Daleas, agriculteur à Saint-Amour (Béarn). « Nos exploitations font en moyenne 30 ha où, en général, nous cultivons du maïs et nous faisons de l'élevage porcin ou bovin ou encore de palmipèdes. Depuis octobre, sur ces 30 ha, une réglementation européenne nous oblige à exploiter une deuxième culture, autre que celle du maïs. Comme le soja, le tournesol ou le blé. Mais ici, nous avons des terres à maïs, ça on sait faire, pas le reste », explique-t-il à l'Afp. « Cela veut dire que nous devons investir pour créer une deuxième culture dont nous ne savons pas si elle est rentable alors que, dans le même temps, notre production de maïs est juste suffisante pour notre auto-consommation. Résultat, nous allons réduire notre surface de maïs et nous devrons en acheter ailleurs, avec l'aléa d'une nouvelle culture, qui, à notre sens, n'est pas adaptée à nos sols », déplore Michel Daleas. Autre point d'achoppement, le stockage de fumier. « Jusqu'à présent on pouvait stocker le fumier dans les champs. Maintenant nous devons créer des fumières. Une fumière c'est 50.000 euros. C'est un investissement non-productif », juge François Destribats, éleveur-gaveur et maïsiculteur à Hagetmau (Landes). « J'ai créé mon exploitation il y a deux ans, j'ai investi 150.000 euros pour l'élevage, on me demande d'investir 50.000 euros de plus. C'est effrayant, nous sommes en grand péril ! », lance cet agriculteur de 35 ans. 

A 12h, une délégation comprenant notamment le président de la Fdsea 64, Bernard Layre, et du président des JA, Jean-Marc Contrejuzon, a été reçue par le préfet Pierre-André Durand. Une demi-heure plus tard, M. Contrejuzon a indiqué lui avoir remis un dossier contenant les principales revendications des agriculteurs. « Nous comptons aussi sur l'entrevue que nous aurons demain (jeudi) à Pau avec le Premier ministre, Manuel Valls », qui doit y assister au congrès de l'Assemblée des départements de France (Adf). « Nous sommes reboostés par le nombre de manifestants venus aujourd'hui, nous en avions prévu la moitié », a déclaré à l'Afp le président des JA.


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