Produits phytos Agir pour l'Environnement demande un « plan Marshall » de l'agriculture

AFP

L'association Agir pour l'Environnement a demandé mardi un « plan Marshall » pour permettre de financer la sortie des agriculteurs français des produits phytosanitaires, en soulignant le besoin d'établir des « périmètres de protection » de 150 mètres autour des bâtiments habités.

« Il est normal que les agriculteurs soient en colère si on leur impose des distances et des périmètres du jour au lendemain, car il s'agit d'une véritable mutation, il faut les accompagner, raison pour laquelle nous demandons un vrai plan Marshall pour l'agriculture, avec un budget pour compenser les pertes de rendement et les investissements nécessaires à la sortie des produits phytosanitaires », a déclaré à l'AFP Jacques Caplat, secrétaire général d'Agir pour l'Environnement, avant d'être reçu par une conseillère du ministre de l'agriculture, avec d'autres responsables de l'ONG. « Quand le ministre de l'agriculture Edgar Pisani a décidé de moderniser l'agriculture dans les années 60, cela s'est fait en cinq ans, on peut très bien évoluer en cinq ans », a ajouté Stephen Kerckhove, délégué général de l'association. « Par exemple, il faudrait investir sur des trieuses pour séparer les grains et les mauvaises herbes », a jugé Jacques Caplat. Concernant la consultation relative à l'interdiction des produits phytos à proximité des habitations, l'association demande « un périmètre de protection des riverains de 150 mètres autour des bâtiments contre les dérives de produits chimiques volatils et dangereux, notre demande ne porte que sur les pesticides de synthèse », a précisé Jacques Caplat.

Le responsable associatif a aussi demandé une « remise à plat » immédiate de la concertation engagée sur les zones de non traitement (ZNT), où toute pulvérisation de produit phytosanitaire est interdite. Selon lui, cette concertation « se trouve entièrement dans les mains de la FNSEA ou des chambres d'agriculture » dirigées par le syndicat agricole majoritaire. L'association affirme que « la FNSEA écrit le texte elle-même et ne discute avec personne ». À l'appui de son argument elle cite le texte du projet de décret qui prévoit « que les chartes d'engagement seront rédigées par le syndicat représentatif » et qu'elles « pourront être soumises à concertation avec des associations locales de riverains dont le périmètre d'action géographique correspond à celui du projet de la charte ». Or, « les associations de ce type n'existent quasiment pas » a souligné l'association.


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