Agriculture internationale Agriculture stratégies s’engage pour sortir l’Europe de la guerre commerciale

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Face aux tensions croissantes du commerce international, Agriculture stratégies développe une série de propositions pour renouveler le multilatéralisme en matière agricole.

Les États-Unis attaquent le principe de découplage des aides dans l'affaire des olives espagnoles. Pékin annonce vouloir lier le sujet du dumping dans l'industrie à celui du dumping en agriculture. Pour défendre sa politique agricole et alimentaire, l'UE saisit l'OMC. Face aux tensions internationales croissantes, l'agriculture européenne entre aujourd’hui dans une guerre commerciale.

Pour Frédéric Courleux, directeur des études d'Agriculture stratégies, cette « entrée en guerre » est à la fois un risque et une opportunité. « Cela peut, d’une part, être l'occasion de faire sortir la Pac de l'inefficacité dans laquelle la volonté européenne d’être "le bon élève" de l'OMC l'a conduite. » Mais, d'autre part, la pression internationale risque de conduire au sacrifice de la sécurité alimentaire de l’UE.

Afin de défendre l'agriculture à son juste niveau, « c'est-à-dire comme un intérêt stratégique prioritaire », Jacques Carles, président d’Agriculture stratégies, a proposé la création d’un Comité de sécurité alimentaire auprès de l'ONU.  « L'agriculture n’est pas qu'une question de commerce, c'est une question au cœur de la sécurité et de la stabilité internationale. Cela permettrait ainsi de créer les conditions pour lancer de nouvelles coopérations entre États et de resituer l’OMC au niveau des autres institutions internationales. »

Dans cette optique, Frédéric Descrozaille, député LREM et membre du comité d’orientation d’Agriculture stratégies, appelle l'Europe à développer une autonomie stratégique sur ces sujets. « Limiter la gouvernance mondiale de l'agriculture à des enjeux commerciaux n'est pas la bonne option : dès que l'on a introduit l'agriculture dans les négociations internationales commerciales du GATT, on a mis en panne le multilatéralisme. Un débat doit ainsi s'ouvrir sur la réforme du multilatéralisme en matière d'agriculture et de sécurité alimentaire. »

Enfin, Olivier Allain, vice-président de la région Bretagne et membre du comité d’orientation d’Agriculture stratégies, rappelle que : « l'agriculture devrait davantage être perçue comme un enjeu stratégique. La prochaine réforme de la Pac doit donc être l'occasion de changer le logiciel actuel largement inefficace car basé sur le découplage des aides. »

« Tout comme le gouvernement allemand est déjà monté au créneau pour défendre son industrie automobile, il est légitime que le gouvernement français défende sans concession ses intérêts agricoles. Et dans cette perspective, qu’il soit particulièrement vigilant sur le choix du futur Commissaire européen à l'agriculture. »


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