Concours graines d'agriculteurs 2019 Trois nouveaux talents de l'agriculture récompensés

Terre-net Média

Sur 60 candidats et 10 finalistes, 3 ont obtenu le titre de Graines d'agriculteurs 2019. Étienne d'Hautefeuille, céréalier dans la Somme produisant du whisky, Franck Dumoutier, producteur de céréales dans le Loiret et de pâtes complètes, et Marion Quenton, éleveuse de chèvres dans le Tarn fabriquant de la charcuterie et des plats cuisinés, ont remporté la 8e édition de ce concours destinés aux jeunes agriculteurs et axé, cette année, sur la gastronomie comme l'illustrent les productions et activités des lauréats.

remise des prix aux terres de jim concours graines d agriculteurs 2019 Étienne d'Hautefeuille, Franck Dumoutier et Marion Quenton se sont vus décerner le titre de Graines d'agriculteurs 2019 le 9 septembre en Haute-Loire à Terres de Jim. (©Terres Innovantes) 

Parmi les 60 postulants, ils n'étaient plus que 10 encore en lice pour la finale de Graines d'agriculteurs, concours organisé depuis 2011 par Terres Innovantes, le fonds de dotation de Jeunes Agriculteurs, et qui s'adresse aux producteurs récemment installés. Tous les ans, le syndicat profite des Terres de Jim, qui allient concours de labour et grande fête agricole à destination du grand public, pour dévoiler les lauréats et leur remettre leurs prix.

En savoir plus sur le concours Graines d'agriculteurs :
En avant pour l'édition 2019 !

L'événement, qui avait lieu cette année le week-end dernier près du Puy-en-Velay en Haute-Loire, a mis à l'honneur trois jeunes talents de l'agriculture française, qui ont développé un projet en lien avec la gastronomie, thème de l'édition 2019. Les critères privilégiés dans le choix du jury : « le sens de l'entrepreneuriat agricole, la vision à long terme, les démarches durables, l'inventivité au niveau des produits et des méthodes, le business model et la capacité à servir de référence pour d'autres agriculteurs », rappellent les organisateurs. 

Comment s'est déroulé le vote du public : Votez pour votre JA préféré

C'est ce qui a permis à Étienne d'Hautefeuille, céréalier dans la Somme produisant du whisky,  Franck Dumoutier, producteur de céréales dans le Loiret et de pâtes complètes, et Marion Quenton, éleveuse de chèvres dans le Tarn fabriquant de la charcuterie et des plats cuisinés, de se démarquer. Tous trois sont repartis avec un chèque de 3 000 € qui servira à soutenir financièrement leur activité de diversification. Rappelons que ce concours associe au vote du jury, composé d'organismes agricoles et de partenaires du secteur(1), celui du public, chacun comptant à part égale. Un bon moyen de promouvoir l'agriculture et de recréer du lien avec les consommateurs, mais également d'attirer des jeunes vers le métier d'agriculteur ! 

Plus d'infos sur les gagnants et leur projet

  • Étienne d'Hautefeuille : 

Ce concours encourage les producteurs qui se diversifient et sortent des sentiers battus.

Installé depuis 2014 à Beaucourt-en-Santerre, Étienne a voulu diversifier la ferme familiale de 200 ha de grandes cultures en produisant du whisky et du dry gin à partir de l'orge qu'il cultive (ce qui est seulement le cas de quelques producteurs de whisky sur la cinquantaine que compte la France) et de plantes locales. Une idée originale née au hasard d'une discussion avec un voisin travaillant à la Maison du Whisky.

Après un an de recherches, formations, stages, il teste son projet avec une tonne d'orge qu'il fait malter en Bretagne puis brasser et distiller en Charentes en eau de vie, qu'il élève ensuite en whisky sur son exploitation. Satisfait, il s'associe avec un caviste et créé la Distillerie d'Hautefeuille. Il commercialise sa production notamment auprès de chefs étoilés et mise sur l'accueil des clients au sein de la ferme.

En 2019, 30 ha d'orge ont été valorisés à travers la production de 1 000 bouteilles, soit 600 de plus que l'année précédente. L'objectif du jeune producteur de 37 ans est d'en produire 50 000 par an et d'intégrer le top 3 des whiskies français au niveau qualitatif. Un développement qui le conduirait à embaucher deux salariés en plus de celui déjà présent.

Au début, ça n'a pas été facile mais aujourd'hui, je suis fier de produire du whisky du champ à la bouteille !

 

  • Franck Dumoutier :

Graines d'agriculteurs m'a permis de me faire connaître et d'expliquer comment je fabrique mes pâtes.

Ayant repris  en 2012, aux côtés de son père et sa soeur, la ferme familiale de 200 ha de céréales dans la Beauce, Franck décide l'année dernière de transformer une partie du blé dur en pâtes complètes. Il souhaite en effet valoriser l'une des cultures de la ferme jusqu'au produit fini, en maîtrisant l'ensemble de la chaîne de production.

Il s'équipe de matériels spécifiques (meule de pierre, tréfilage en bronze, séchoir à basse température) et se lance avec 2 ha de blé dur sur la cinquantaine de l'assolement, des variétés qu'il juge les plus adaptées à cette diversification. Elles ont donné 6 t de pâtes au bon goût de blé, dépassant les prévisions du jeune agriculteur, commercialisées sous la marque "La bonne pâte de Beauce" auprès de 80 revendeurs : des épiceries fines, des supérettes et des restaurants d'Orléans, Chartres, Étampes, Tours, Paris et même de Rouen et Caen.

Le jeune homme de 37 ans a embauché un salarié pour s'occuper des cultures et sa femme a rejoint l'entreprise. L'enjeu maintenant selon lui : proposer de nouveaux produits tout en restant à une échelle artisanale. Son épouse a déjà des idées en tête en lien avec le petit-déjeuner : fabriquer des flocons d'avoine et des granolas fermiers.

J'aimerais garder contact avec les autres finalistes, qui ont tous des projets formidables, et dédier une partie de mon magasin à leurs produits.

  • Marion Quenton :

Le concours Graines d'agriculteur donne de la visibilité, notamment à travers les médias. Les 3 000 € m'aideront à améliorer le site internet de la ferme et à organiser des visites.

Après deux ans de recherches, Marion s'est installée en 2015 à Cadalen avec son mari, rencontré pendant ses études agricoles. Au sein de l'exploitation d'une soixantaine d'hectares qu'ils ont trouvée, les grandes cultures ont remplacé les productions animales. Or, la jeune femme est passionnée d'élevage, caprin notamment, et titulaire, en plus, d'un CAP de boucherie. Le couple resème des prairies, une trentaine d'hectares, et achète une machine pour traire le troupeau de 250 chèvres qu'ils ont constitué.

Les 190 000 l de lait produits sont bien valorisés par la Fromagerie PIC et depuis l'hiver 2018, les jeunes éleveurs font découper et transformer quelques animaux par une Cuma en merguez, saucissons, pâtés, colis de viande. Le chiffre d'affaires de cette diversification est similaire à celui que dégage la vente de 200 chevreaux de l'exploitation par an à un engraisseur.

La jeune productrice de 27 ans travaille en circuits courts pour promouvoir la viande caprine, fine et maigre. Elle a commencé à prospecter auprès de magasins de producteurs, d'épiceries fines et de bouchers pour leur vendre des plats cuisinés.

Mon objectif est de de faire découvrir cette viande consommée pour ses vertus nutritives dans plusieurs pays et encore trop peu connue en France.


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