Études Dépression et burn-out plus fréquents chez les agriculteurs

AFP

Les agriculteurs et agricultrices, surtout les éleveurs et éleveuses, sont beaucoup plus enclins à subir des dépressions ou des burn-out que le reste de la population, selon deux études distinctes et partielles parues vendredi, veille du Salon de l'agriculture.

Chez les exploitants (non salariés), la dépression touche 13,6 % des hommes et 19,1 % des femmes, selon une étude de Santé Publique France conduite depuis 2010 dans cinq départements (Bouches-du-Rhône, Finistère, Pas-de-Calais, Pyrénées-Atlantiques et Saône-et-Loire) et parue vendredi. Chez les salariés agricoles, elle affecte 14,7 % des hommes et 21,2 % des femmes, selon la même étude. Dans le reste de la population, les dernières statistiques sur la dépression, publiées par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire de Santé publique France en octobre, faisaient état d'un « épisode dépressif » chez 9,8 % des 18-75 ans en 2017, touchant deux fois plus les femmes (13 %) que les hommes (6,4 %). Santé Publique France avait déjà mis en évidence que les agriculteurs exploitants présentaient une surmortalité par suicide par rapport à la population générale masculine, particulièrement dans les secteurs d'élevages bovins (lait et viande), selon une étude menée entre 2008 et 2010, derniers chiffres officiels parus sur le sujet.

Vendredi, une étude distincte, réalisée par la chambre d'Agriculture de Saône-et-Loire, montre par ailleurs qu'un agriculteur sur trois dans ce département est en « risque d'épuisement professionnel ». Près de la moitié (46 %) des quelque 406 agriculteurs ayant répondu à l'enquête (sur 4 000 exploitants dans le département), présentent un stress psychologique « élevé, voire très élevé », et 34 % un « risque d'épuisement professionnel plus ou moins aigu », souligne l'enquête. « Nous atteignons le niveau de risque de burn-out (épuisement professionnel, NDLR), le plus élevé jamais mesuré de l'histoire de l'institut Amarok » qui a réalisé l'étude, a déclaré Olivier Torrès, fondateur de la société d'analyse et professeur à l'université de Montpellier. Là aussi, ce sont les éleveurs, et en particulier les éleveurs bovins viande qui présentent un risque moyen d'épuisement professionnel « bien supérieur » à ceux des autres secteurs réunis. À l'inverse, le score moyen des viticulteurs dans ce département vigneron est le moins élevé. L'étude de la chambre d'agriculture de Saône-et-Loire analyse aussi leur vision du futur, qui est plutôt noire puisque « 70 % des répondants ont vision plus ou moins négative de leur avenir, dont 21 % très négative ». Cette deuxième étude a été menée auprès de 406 exploitants agricoles dans le cadre d'une enquête de plusieurs années menée dans le département de Saône-et-Loire. La dernière vague ayant été menée entre le 22 novembre et le 22 décembre par questionnaire sur internet. L'étude de Santé Publique France a été réalisée auprès de 2 185 individus affiliés à la Mutualité sociale agricole (MSA, la sécurité sociale des agriculteurs) des cinq départements, selon un questionnaire en ligne. Elle doit être approfondie et élargie au niveau national, à partir d'une cohorte dont le recrutement s'est achevé en 2018.


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