Assises de l'agriculture & alimentation Des modèles agricoles en perpétuelle évolution

Cécile Julien Terre-net Média

Les consommateurs sont de plus en plus exigeants quant aux produits alimentaires qu’ils achètent. Ils ont des attentes sur leurs qualités mais aussi sur les modes de production. Pour y répondre, les agriculteurs adaptent leur façon de faire et attendent une juste rémunération en face.

De plus en plus, les consommateurs clament, haut et fort, leurs attentes en termes d’alimentation. Ils veulent des produits bio, sans – OGM, antibiotiques, gluten -, des produits locaux. En face, les agriculteurs s’adaptent et font évoluer leurs pratiques.

« Sans cesse, nous adaptons, à ces nouvelles exigences, nos produits, donc la façon dont nous élevons nos cochons », souligne Bernard Rouxel, vice-président de la Cooperl, lors des 4e assises de l’agriculture et de l’alimentation, organisées les 15 et 16 octobre à Rennes.

Sensibilisé au bien-être animal depuis 15 ans par un client anglo-saxon, la coopérative a décidé d’anticiper des exigences qui pourraient aussi arriver sur le marché français, en créant une ferme expérimentale. « Nous y testons de nouvelles pratiques d’élevage, explique Bernard Rouxel. Cela nous permet de voir les possibilités de segmentation, par exemple avec l’élevage sans castration ou sans antibiotique. Nous testons la faisabilité technique, avant de la vulgariser auprès de nos adhérents et de pouvoir proposer une nouvelle segmentation de gamme ».

Adapter les modes de production

Car, qui dit segmentation des filières pour répondre à la diversité des attentes des consommateurs, dit adaptation des modes de production.

« Les attentes des consommateurs évoluent, nous devons y répondre sans juger, estime Alain Perrin, directeur général du groupe d’Aucy. En face, il faut accompagner les agriculteurs dans ces évolutions ». Toute la difficulté est de trouver comment répondre rapidement aux exigences des consommateurs, pour qu’ils ne se tournent pas vers des produits d’importation, sans pour autant que les investissements mettent à terre l’économie des exploitations.

Pour le groupe coopératif breton, les œufs représentent 20 % de son chiffre d’affaires. « Cela fait des années que nous pressentions que les consommateurs ne voudraient plus d’œufs issus de poules élevées en cage. Sauf que la dernière mise aux normes, déjà pour des exigences de bien-être animal, datait de 2012, avec des investissements importants. Nous avons regardé à quelle vitesse, dans quels élevages nous pourrions proposer des modes de production alternatifs en se basant sur la faisabilité économique. Il est clair que les attentes en termes de bien-être vont croître. Dans les prochains investissements, nous devons les anticiper pour que les producteurs soient prêts à répondre aux exigences du marché, par exemple avec des poules en plein air ».

Du temps, de l’argent

Si les agriculteurs sont prêts à faire évoluer leurs pratiques pour mieux coller aux attentes des consommateurs, reste deux difficultés à lever. La première est celle du pas de temps. Un système d’exploitation ne se modifie pas d’un claquement de doigt. Une filière se construit sur plusieurs années. « Les agriculteurs ont toujours fait évoluer leurs pratiques pour répondre aux attentes, d’abord quantitatives, puis qualitatives. Nous ne faisons pas de résistances face au changement mais les consommateurs doivent accepter que ça prend du temps », plaide Bernard Rouxel.

L’autre difficulté à lever est celle du prix. Quand les exigences entraînent des contraintes, des surcoûts, les agriculteurs ont besoin que le prix de vente, donc d’achat, en tienne compte. « Il faut que les attentes des citoyens se transforment en actes de consommation avec l’acceptation des prix qui rémunèrent correctement les efforts des agriculteurs », plaident les représentants agricoles.


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