Produits phytosanitaires Générations Futures publie « une carte de France des victimes »

AFP

L'ONG Générations Futures a mis en ligne jeudi une carte de France recensant environ 200 témoignages d'agriculteurs ou de riverains de propriétés agricoles, victimes avérées ou présumées de pesticides.

Carte des victimes des pesticides élaborée par Générations Futures.Carte des victimes des pesticides élaborée par Générations Futures. (©Générations Futures)

L'objectif de cette initiative est de « rendre visibles les victimes de pesticides et qu'ensuite, on prenne des mesures de protection vis-à-vis de ces populations », a expliqué une responsable de l'ONG, Nadine Lauverjat, au cours d'une conférence de presse. « Toutes les zones de France en culture intensive sont touchées », a-t-elle souligné.

Sur le site generations-futures.fr, il suffit de cliquer sur la carte pour avoir accès aux témoignages, écrits ou par vidéo, validés par leurs auteurs. La plupart des témoignages proviennent de riverains qui s'expriment anonymement. Ils font état de problèmes de santé plus ou moins graves ou de conséquences sur leurs cultures qu'ils imputent aux pesticides.

« J'habite à moins de 50 mètres d'une vigne avec des pulvérisations plusieurs fois par semaine. Nous ressentons des maux de tête et une fatigue répétée après les épandages », écrit « Madame Y ». « Des centaines d'abeilles sont mortes et gisent devant la planche d'envol, s'agit-il de pesticides ? », se demande « Monsieur X ». « Après les pulvérisations » de produits phytosanitaires sur des pommiers tout proches, « nous ressentons des problèmes respiratoires, des irritations et des démangeaisons. Mon père est décédé d'un lymphome », « Nous n'osons plus faire de potager » et l'odeur est « très désagréable et irritante », expliquent d'autres riverains.

100 mètres sans pulvérisations à proximité de tous les lieux de vie 

Parmi la vingtaine de témoignages d'exploitants et salariés agricoles figurent ceux d'agriculteurs dont la maladie a été reconnue maladie professionnelle ou est « en cours de reconnaissance professionnelle », comme pour Jean-Marie Desdion, un céréalier qui a contracté un myélome.

« Aujourd'hui, on obtient assez facilement une reconnaissance de maladie professionnelle ou d'accident du travail concernant les professionnels », a expliqué un avocat spécialisé dans ces dossiers, Stéphane Cottineau. De leur côté, les riverains peuvent agir en justice notamment en invoquant « un trouble du voisinage anormal », a-t-il ajouté.

Générations Futures a annoncé par ailleurs lancer « une coordination nationale d'organisations locales de soutien aux victimes des pesticides ». L'ONG réclame notamment la création d'« une zone tampon minimale de 100 mètres sans pulvérisations à proximité de tous les lieux de vie », l'interdiction des pulvérisations aériennes sur tout type de culture et celle de « tous les pesticides dangereux pour la santé et l'environnement ».


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