Autoportrait d'agriculteur Jérémy, un « hors cadre familial » soucieux de réussir

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Difficile de devenir agriculteur sans être issu du milieu agricole et sans prêt accordé par les banques. Mais Jérémy sait ce qu'il veut. Et il est travailleur. Le voici donc installé depuis trois ans. En partenariat avec Agriculture de l'Ouest, il dresse son autoportrait.

Jérémy a choisi la Pie Rouge des Plaines pour sa rusticité et son lait à bon TB et surtout à très bon TP.

Jérémy a choisi la Pie Rouge des Plaines pour sa rusticité et son lait à bon TB et surtout à très bon TP. Jérémy a choisi la Pie Rouge des Plaines pour sa rusticité et son lait à bon TB et surtout à très bon TP. (©Photo Hélène Thomas)

« J e m'appelle Jérémy Auger et j'ai 27 ans. J'habite à Cany-Barville en Seine-Maritime dans le Pays de Caux. De tempérament assez fort, je sais ce que je veux dans la vie en général. Coté études, j'ai fait un Bep mécanique agricole puis une première en Bac professionnel avant d'aller au Cfa pour un Bprea (brevet professionnel responsable d'exploitation agricole).

C'est ma passion pour les animaux qui m'a poussé à devenir agriculteur. Voir naître un veau, l'élever, lui donner un prénom, l'appeler à l'herbage et s'apercevoir qu'il le reconnait : je trouve ça passionnant ! Je vois aussi l'amour que les animaux peuvent donner...

L'amour des animaux

C'est donc naturellement sur une exploitation laitière que je me suis installé il y a trois ans. L'agriculteur en place arrêtait pour cause de santé. Non issu du milieu agricole (mon père retraité a travaillé dans l'automobile et ma mère est aide ménagère), les banques ne voulaient pas me prêter d'argent. Les propriétaires m'ont alors proposé de s'associer avec eux, en formant la Scea Auger Normand. Actuellement, nous sommes trois mais je suis le seul gérant de l'exploitation. Mes deux associés n'interviennent que pour des grands investissements ou des décisions importantes, ce sont plutôt des apporteurs de capitaux.

Le troupeau est aujourd'hui constitué de 140 animaux, à 100 % Pie Rouge des Plaines. J'ai choisi cette race pour sa rusticité et son lait à bonne valeur en taux butyreux et surtout à très bon taux protéique. En moyenne, les vaches sont à 8.000 litres de lait. L'exploitation dispose actuellement d'un contrat de 480.000 litres et j'envisage d'augmenter la structure laitière car l'élevage me plait. J'élève aussi quelques taurillons... à mes heures perdues que je n'ai pas !

On ne sait pas où l'on va avec les aides dans 10 ans !

Pour monter le niveau de mon troupeau, je pratique la transplantation embryonnaire. Grâce à cela, j'espère à l'avenir augmenter la production de lait par vache mais aussi les taux. Selon moi, il faut que la transplantation embryonnaire reste rentable et qu'elle me permette d'optimiser mes résultats technico-économiques, sinon ça ne sert à rien. La rentabilité, c'est la clé, car dans l'avenir, on ne sait pas où l'on va, notamment concernant les aides à 10 ans. 

J'insémine moi-même mes vaches et mes génisses en semences sexées. Cela me permet de suivre au plus près l'évolution de mon troupeau. J'adhère à France Pie Rouge qui fait partie du groupe "Evolution". C'est avec eux que je m'occupe des transplantations, du suivi du troupeau pour les concours et du plan d'accouplement. Je regrette juste que le nombre de taureaux en Pie Rouge des Plaines ne soit pas plus élevé... 

Rencontrer d'autres éleveurs

J'adore participer aux concours comme le Space de Rennes ou encore le Salon de l'agriculture à Paris. C'est l'occasion de rencontrer d'autres éleveurs et surtout de montrer le fruit de notre travail. 

Enfin, n'oublions pas le coté cultures. A ce jour, nous cultivons 140 ha environ dont 35 ha de blé, 10 ha d'orge mais aussi 2 ha de betteraves sucrières, 6 ha de colza, 12 ha de lin et 24 ha de maïs (ouf, j'ai tout dit !). Et nous avons 60 ha d'herbe non retournables qui se situent trop loin du site des vaches de l'élevage : 22 ha en pâture (15 pour les VL et 7 pour les génisses) et le reste est fauché (foin et enrubannage) ou vendu sur pied à d'autres agriculteurs. »

Jérémy et les réseaux sociaux

« Je suis souvent connecté sur Facebook. En regardant les nombreuses photos qui proviennent d'autres départements, je découvre des systèmes de production différents mais aussi des astuces pour faciliter le travail. J'aime aussi dialoguer avec les agriculteurs, cela me permet de savoir comment ça se passe chez eux. Par exemple, pour le soin des veaux, je me suis renseigné sur les techniques de plusieurs personnes. Même quand on a tout essayé, il y a toujours quelqu'un qui connait le petit truc qui peut marcher. C'est la magie de Facebook... Je m'y suis fait des amis et de bonnes connaissances. Il est forcément difficile de se rencontrer mais lorsqu'on se croise, sur les concours par exemple, on en profite pour se dire un petit "bonjour" et sympathiser. »

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