Projet d’installation ou d’agrandissement La Pac ne modifie pas les fondamentaux

Terre-net Média

La réforme de la Pac pour l’après 2013, en débat, ne sera pas la dernière dans la carrière d’un agriculteur ni de celle d’un banquier. Celle-ci ajoute certes de l’instabilité, mais elle ne justifie pas qu’il faille renoncer à faire des projets. Car au final, elle ne modifie pas les fondamentaux requis pour les élaborer.

Sébastien Baudelet
Sébastien Baudelet, responsable du marché de
l’agriculture au Crédit Mutuel Océan.
(© Crédit Mutuel Océan)

Selon Sébastien Baudelet, responsable du marché de l’agriculture au Crédit Mutuel Océan, l’agriculteur doit toujours montrer qu’il porte son projet et qu’il est un bon gestionnaire, doté de compétences techniques solides. Et à défaut de maîtriser l’instabilité des marchés, son projet sera toujours bâti en intégrant des marges de sécurité pour apprécier la capacité de résistance des exploitations.

Les simulations pour valider chaque projet sont réalisées selon les cas de figure, à partir de l’existant, c’est à dire à partir des résultats obtenus dans le passé sur le site de production ou bien, à partir des références économiques disponibles. Et elles sont testées en prenant plusieurs hypothèses de prix ou différentes durées de remboursement des prêts souscrits.

Des aides impossible à prévoir avec précision

Mais élaborer des projets d’investissement ou d’installation suppose que l’agriculteur ait confiance dans l’avenir. Aussi, il n’est pas question d’élaborer des scénarios « catastrophe » pour en apprécier leur viabilité.

Au niveau institutionnel, aussi bien l’agriculteur que le chargé d’affaires, sont incapables de savoir avec précision quels seront les montants des aides de l’exploitation après 2013. Aussi, le raisonnement tenu pour élaborer chaque projet d’installation ou de développement est le suivant. Il est d’abord primordial de s’informer sur les grandes lignes de la réforme de la Pac en débat (cf. Convention agricole du crédit Mutuel Océan). Ainsi, pour l’après 2013, le budget de la Pac serait quasiment maintenu, mais la convergence des aides aura plus d’impact au niveau national entre les exploitations, qu’avec les pays membres. Les clés de répartition des aides sont toutefois inconnues à ce jour.

La deuxième étape est d’analyser la nature des soutiens publics à recevoir et de déterminer en quoi leurs critères d’attribution pourraient différer.

Anticiper la convergence des aides

Ainsi, le verdissement des aides posera un problème dans les régions de monoculture comme dans les Landes, pas dans les Deux Sèvres où les systèmes polyculture élevage sont légion. Il sera aussi peut être nécessaire d’intégrer le plafonnement des aides pour les grandes exploitations. Enfin, dans un troisième temps, différents scénarios seront envisagés pour apprécier la viabilité du projet par rapport à ces soutiens publics.

Concrètement, il sera judicieux d’anticiper la convergence des aides en simulant les projets de développement sur la base du montant moyen des soutiens versés à l’échelle du département ou de la région, autrement dit, en rabotant celles excessivement élevées sur l’exploitation (Dpu hors surface par exemple).

Enfin, il revient à chaque chargé d’affaires d’informer les agriculteurs et de les faire réfléchir sur les moyens à prendre pour maîtriser la volatilité des prix. Dorénavant, les simulations intègrent les recours à l’épargne de précaution et aux marchés à terme pour conforter les hypothèses retenues pour élaborer le projet d’installation ou d’agrandissement à l’étude. Sont aussi pris en compte les modes de commercialisation (contrat, ventes directes).

Convention du Crédit Mutuel Océan - La Pac après 2013, des raisons d’espérer

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Carole Doré, vice présidente de JA et Vincent Chatellier,
économiste à l'Inra.  (© Crédit Mutuel Ocean)

Le Crédit Mutuel Océan avait convié à Aiffres (79) le 24 novembre près de 600 agriculteurs et étudiants autour du thème « Pac Post 2013, l’avenir se décide aujourd’hui ». Pour en débattre Carole Doré, vice-présidente nationale de Jeunes Agriculteurs, Vincent Chatellier, économiste et ingénieur de recherche à l’Inra, Pierre Trouvat, membre du bureau de la Chambre d’agriculture, et trois exploitants deux-sévriens : Sébastien Bacle (Montravers), Sébastien Aymé (Rom) et Olivier Brunet (Magné).
« Il naît chaque jour dans le monde l’équivalent de la population deux-sévrienne », affirme Vincent Chatellier pour illustrer un propos qui se veut optimiste : « La demande va donc croître, en lait où la France peut améliorer sa productivité, en production bovine où des pays concurrents vont saturer à l’exportation, notamment en Amérique du Sud, en céréales où l’Europe devra nourrir ses voisins d’Egypte et d’Afrique du Nord ».
L’économiste croit de nouveau aux vertus de la diversification. Il appelle les agriculteurs à être « inventifs et malins », à cibler les aides directes, à co-construire leur avenir avec l’agro-alimentaire, à communiquer pour rapprocher davantage l’agriculture de la société.

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