Démographie agricole Le nombre d'exploitations agricoles baisse toujours, mais moins rapidement

Arnaud Carpon, avec AFP Terre-net Média

Entre 2010 et 2016, le nombre d'exploitations agricoles en France a continué de baisser, mais à un rythme moins élevé que lors de la précédente décennie, selon Agreste. La baisse est cependant beaucoup plus marquée dans les filières d’élevage.

Entre 2010 et 2016, le nombre d'exploitations agricoles a diminué de 11 %. Entre 2010 et 2016, le nombre d'exploitations agricoles a diminué de 11 %. (©Watier Visuels)

En 2016, la France métropolitaine comptait 437 000 exploitations agricoles, soit 11 % de moins que lors de leur dernier recensement en 2010, mais leur surface était supérieure, selon Agreste, le service statistique du ministère de l'agriculture : en moyenne, une exploitation réunissait 63 ha en 2016, soit 7 ha de plus qu’en 2010.

Le recul du nombre d'exploitations agricoles entre 2010 et 2016 s'est cependant déroulé à un rythme ralenti par rapport à la décennie précédente : - 1,9 % par an contre - 3 % entre 2000 et 2010. Mais la baisse du nombre d'exploitations est plus marquée pour les filières d'élevage en général, où elle atteint - 15 %, et encore davantage dans les élevages de bovins mixte lait et viande (- 34 %) ou en porcins et volailles (- 26 %). Les fermes combinant cultures et élevage sont elles aussi de moins en moins nombreuses (- 22 %) alors que celles spécialisées en production végétale résistent mieux et représentent désormais une exploitation sur deux.

Chiffres clés sur le nombre d'exploitations agricoles en 2016Chiffres clés sur le nombre d'exploitations agricoles en 2016 (© Agreste - Recensements agricoles et enquête sur la structure des exploitations agricoles 2016) 

Une SAU française plus élevée en 2016 qu’en 2010 ?

Moins nombreuses, les exploitations s'agrandissent. En 2016, une exploitation agricole disposait en moyenne de 63 hectares, soit 7 hectares de plus qu'en 2010 et 20 de plus qu'en 2000. Les surfaces agricoles moyennes sont en hausse dans toutes les spécialisations et plus particulièrement dans les filières d'élevage.

SAU moyenne et nombre d'exploitations agricolesSAU moyenne et nombre d'exploitations agricoles (© Agreste - Recensements agricoles et enquête sur la structure des exploitations agricoles 2016)

Les chiffres du ministère de l’agriculture induisent par ailleurs une tendance inattendue : la SAU française aurait ainsi augmenté de 535 000 ha entre 2010 et 2016.

Les surfaces et les quantités de travail s'avèrent très variables selon les spécialisations. La moitié des exploitations valorise une superficie qui n'excède pas 36 hectares tandis qu'un quart en cultive plus de 93. Avec l'agrandissement régulier des structures, les très grandes exploitations (plus de 250 000 euros de production brute standard ou PBS) valorisent désormais 36 % du territoire agricole et mobilisent 38 % de la force de travail agricole.

Quasi inexistantes dans les élevages de bovins viande (2 %) ou d'ovins-caprins (1,2 %), elles représentent plus de la moitié des exploitations spécialisées en porcins et volailles et près de deux exploitations sur dix, toutes productions confondues.

Surfaces et quantité de travail : les grands écarts

À l'opposé, les petites exploitations (moins de 25 000 euros de PBS) rassemblent près d'un tiers des exploitations mais n'exploitent que 7 % de la surface agricole utile (SAU) en mobilisant 12 % du volume de travail agricole. Les petites exploitations restent majoritaires en cultures fruitières et en élevage ovin-caprin, mais se raréfient dans les élevages de bovins laitiers (3 %) ou de porcins (4 %).

Spécialisation des exploitations agricolesSpécialisation des exploitations agricoles (© Agreste - Recensements agricoles et enquête sur la structure des exploitations agricoles 2016)

L’agrandissement des exploitations s’accompagne du développement des formes sociétaires. En 2016, 36 % des exploitations agricoles avaient un statut de société contre 30 % en 2010. Elles exploitent 64 % de la SAU et mobilisaient 61 % de la force de travail. Les formes sociétaires concernent près de 7 exploitations sur 10 parmi les grandes exploitations, voire plus de 8 sur 10 parmi les très grandes. Les sociétés ont l’avantage de protéger le patrimoine personnel en le séparant du patrimoine professionnel. Elles permettent aussi de regrouper des moyens matériels, financiers et humains. Les exploitations agricoles à responsabilité limitée (EARL) sont les formes sociétaires privilégiées, notamment pour les grandes exploitations.

Les groupements agricoles d’exploitation en commun (Gaec), où tous les associés sont exploitants, sont les autres types de sociétés les plus répandues. Dans les petites exploitations, le statut individuel reste largement majoritaire et 6 exploitants sur 10 y sont propriétaires de la totalité des terres qu’ils valorisent. Ils n’étaient que 6 sur 100 parmi les grandes exploitations. Au total, seul un cinquième de la surface des terres agricoles était cultivé par des exploitants qui en ont la propriété, une part en baisse de 3 % par rapport à 2010.

Données régionales sur les surfaces moyennes des exploitations agricoles françaises en 2016.Données régionales sur les surfaces moyennes des exploitations agricoles françaises en 2016. (© Agreste - Recensements agricoles et enquête sur la structure des exploitations agricoles 2016)


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