; Leclerc veut revenir sur la marge minimale de 10 % des distributeurs

Face à l'inflation Leclerc demande la suspension partielle de la loi Égalim 1

AFP

Michel-Édouard Leclerc a demandé, lundi sur BFM Business, la « levée même provisoire » d'une disposition de la loi Égalim 1 qui oblige les distributeurs à vendre les produits alimentaires avec une marge minimale de 10 %, afin de « diminuer l'inflation ou de l'étaler ».

« La loi Égalim 1 oblige les discounters, E.Leclerc, Lidl, Aldi, à prendre une marge minimale de 10 % » sur les produits alimentaires, a expliqué Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique E.Leclerc, premier distributeur français en termes de parts de marché. « Le seuil de revente à perte n'est plus de 100 mais de 110, à l'instigation de la FNSEA », le premier syndicat agricole français, a-t-il ajouté.

Concrètement, expliquait en 2019 le ministère de l'agriculture, « lorsqu'une enseigne achète au producteur un produit 1 euro », « ce même produit ne pourra être revendu à moins de 1,10 euro ».

Les grandes surfaces rognent au maximum leurs marges sur certains produits dit « produits d'appel », pour les proposer au prix le plus bas possible afin de faire venir les clients dans leurs magasins plutôt que chez la concurrence. Selon le ministère de l'agriculture, « 7 % des produits alimentaires sont vendus à très faible marge ».

La loi Alimentation ou « Égalim 1 » votée en 2018, dans un contexte très peu inflationniste, avait notamment encadré les promotions et relevé le seuil de revente à perte, avec pour objectif d'enrayer la course aux prix bas en magasin, ce qui était censé profiter au revenu des agriculteurs. Elle n'a pas tenu ses promesses en la matière.

« Il faut revenir là-dessus », mais « on a peu de chance avant la présidentielle d'obtenir une session parlementaire ou un décret de levée même provisoire de cette disposition », a regretté Michel-Édouard Leclerc. Cela « nous permettrait de prendre sur nos marges pour diminuer cette inflation, de l'étaler pour qu'il n'y ait pas un mur d'inflation face aux consommateurs », a-t-il expliqué.

L'inflation en France a bondi en mars de 4,5 % sur un an, tirée par l'énergie et l'alimentation, mais amortie par les mesures d'aide du gouvernement, atteignant un niveau jamais vu dans l'Hexagone depuis le mois de décembre 1985, selon l'Insee.

Michel-Édouard Leclerc réagissait à des propos de Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA, qui estimait que les distributeurs « pouvaient rogner sur leurs marges », après avoir « beaucoup, beaucoup gagné en 2020 avec les restaurants fermés ». « Ils peuvent concéder un peu de marge, c'est difficile pour eux mais ils en ont les moyens », avait-elle dit.

Face à la flambée des coûts de production liés à la guerre en Ukraine, le gouvernement a appelé mi-mars distributeurs et industriels de l'agroalimentaire à se remettre autour de la table pour revoir les contrats tout juste signés le 1er mars à l'issue des négociations commerciales. Ces contrats fixent le prix de certains des produits qui seront vendus dans l'année en grandes surfaces.


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