Pac Politique agricole commune : l'UE ouvre les discussions sur l'après 2020

AFP

Amsterdam, 31 mai 2016 (AFP) - Les 28 ministres de l'Agriculture de l'UE ont ouvert mardi les premières discussions sur l'avenir de la Politique agricole commune (PAC) et les défis qu'elle devra relever après 2020, de la sécurité alimentaire à la lutte contre le changement climatique.

« Ce n'est que le point de départ des discussions », qui devront se poursuivre sous les prochaines présidences, a souligné Martin Van Dam, le ministre néerlandais de l'Agriculture dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, lors d'une conférence de presse à Amsterdam.

L'actuelle PAC est entrée en application en 2015 et court jusqu'en 2020.

Depuis sa création, elle « s'est adaptée afin de répondre aux circonstances en évolution, et cette dynamique doit être maintenue », a estimé le commissaire européen à l'Agriculture Phil Hogan, lors de la réunion des ministres.

Mais la crise actuelle dans le secteur laitier, liée à une surproduction qui plombe les prix, a remis en cause les outils à disposition et pose la question du prix payé aux agriculteurs au sein de la chaîne de production.

La France, principal pays bénéficiaire de la politique communautaire en matière agricole est le seul à avoir présenté dès mardi une contribution écrite sur la PAC post-2020, proposant notamment de renforcer les mesures pour faire face aux aléas, climatiques, sanitaires ou économiques.

Il s'agit notamment d'aider les agriculteurs face à des pertes limitées en créant une sorte d'épargne de précaution, avec une partie des aides directes mises de côté pendant les « bonnes années ».

Attachement aux aides couplées

« On est assez loin de 2020 », a concédé le ministre français Stéphane Le Foll en présentant ces mesures, mais il a dit craindre « des volontés de démembrer la PAC ».

« Le fait que la France pose un papier solide, global, qu'on soit les seuls à le faire, c'est une manière aussi de dire quels sont les grands enjeux, les grandes orientations, que pourra défendre la France », a-t-il précisé devant des journalistes.

Les propositions françaises marquent aussi l'attachement aux aides couplées, destinées à des exploitations générant un produit spécifique, que Paris verrait bien dédiées aussi à des filières émergentes ou vertueuses.

Au rayon des nouveautés, la France suggère notamment la création de « zones homogènes » pour lesquelles des objectifs seraient fixés. « Il vaudrait mieux se mettre en situation d'avoir un contrat avec la Commission sur des objectifs plutôt que d'être tout le temps en train de contrôler les moyens qui sont utilisés », a estimé M. Le Foll.


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