Observatoire des prix et des marges Prix agricoles en hausse en 2017, mais des filières toujours en difficulté

AFP

Les prix agricoles en France ont augmenté de 3 % en 2017, ce qui n'a pas empêché un grand nombre de filières agricoles de vendre en dessous de leurs coûts de production, selon un rapport de l'Observatoire des prix et des marges.

En 2017, « les prix payés aux agriculteurs ont été à nouveau inférieurs à la réalité des coûts de production et n'ont pas couvert la rémunération du travail ni du capital (...) à l'exception pour une assez longue période du porc et, de manière marginale, du lait », selon ce rapport.

Le prix payé aux agriculteurs est au cœur du débat politique depuis un an. « Ces résultats démontrent le fort déséquilibre des relations commerciales qui est l'enjeu du titre du projet de loi issu des Etats généraux de l'alimentation » (EGA) en discussion à partir du 26 juin au Sénat, a dit le ministre de l'agriculture Stéphane Travert, lors d'une conférence de presse mardi. Le texte a été adopté le 30 mai par l'Assemblée nationale en première lecture.

Depuis huit ans et la création de l'observatoire, les producteurs de viande bovine « n'ont jamais vu leur coût de production couvert, non seulement par le prix du marché mais en incluant la rémunération du travail et du capital », a souligné l'économiste Philippe Chalmin, président de l'observatoire. « Bien entendu la variable d'ajustement va être la rémunération du producteur », a-t-il ajouté.

Stabilité des prix à la consommation

L'industrie agroalimentaire et la grande distribution ont été accusées par les agriculteurs d'être à l'origine de la baisse de leurs prix d'achat. Ce qui est « frappant, c'est la stabilité des prix à la consommation et le contraste avec l'instabilité des prix agricoles en amont », a dit Philippe Chalmin. « S'il y en est un qui s'en met plein les poches, c'est plutôt le consommateur. Le problème c'est qu'il ne s'en rend pas compte. Il n'a jamais consacré aussi peu d'argent à son alimentation, il n'a jamais été aussi bien nourri », a-t-il ajouté. « Paradoxalement il n'en a pas l'impression, mais jamais la qualité sanitaire des aliments n'a été aussi grande », a déclaré Philippe Chalmin.

Pour le président de l'observatoire, « en France, il y a une énorme réticence de la grande distribution à transmettre les variations de prix (aux consommateurs, NDLR), on l'a vu cette année sur le beurre. En 2017, il y a eu des moments où le beurre valait plus cher à Rungis que dans les supermarchés ».

Réagissant à cet observatoire, les Chambres d'agriculture ont constaté « que la modeste amélioration des prix agricoles ne permet toujours pas de rémunérer décemment les agriculteurs ». Elles demandent aux industriels et distributeurs de respecter leurs engagements envers les agriculteurs sur les prix payés. Pour la FNSEA, le « gouvernement et les parlementaires devront trouver la voie du compromis qu'il faudra déterminer pour que la future Loi et les ordonnances qui en découleront soient bien applicables pour les prochaines négociations commerciales ».


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