Revenus agricoles + 22,2 % en 2017 après une année 2016 catastrophique

Terre-net Média

La Commission des comptes de l’agriculture nationale a dévoilé ce jeudi 14 décembre ses prévisions pour l’année 2017. Elles indiquent une hausse du revenu agricole de + 22,2 %. Cette augmentation intervient après une année 2016 catastrophique (- 29 % de baisse du revenu) et n'est pas encore suffisante pour rattraper le niveau précédent. Les secteurs gravement touchés par la crise de 2016 reprennent pied : la production de céréales est en hausse mais pas les prix ; en revanche ceux du lait augmentent. Quant à la viticulture, elle connaît une baisse des récoltes. Enfin, le prix des pommes de terre s'effondre.

Si certains secteurs agricoles reprennent pied en 2017, comme les céréales, le lait ou la viande, l'année n'a pas été bonne pour la viticulture et les pommes de terre. (©Terre-net Média)Si certains secteurs agricoles reprennent pied en 2017, comme les céréales, le lait ou la viande, l'année n'a pas été bonne pour la viticulture et les pommes de terre. (©Terre-net Média)

La Commission des comptes de l’agriculture nationale s’est réunie ce jeudi 14 décembre 2017 pour examiner le compte prévisionnel de l’agriculture de 2017. Voici les principaux chiffres pour l'année 2017 et l'analyse réalisée par les Chambres d'agriculture : 

+ 22,2 % : c'est la hausse du revenu moyen par actif non-salarié entre 2016 et 2017.

La hausse du revenu moyen par actif non-salarié, c'est à dire du revenu des agriculteurs, est de + 23,1 % en termes courants, et + 22,2 % en termes constants. Entre 2015 et 2016, ce même revenu avait diminué de 29 %. 

Le résultat net de la branche agricole (y compris les subventions) passe de 11,8 milliards d’€ en 2016 à 14,2 milliards d’€ en 2017 (soit une hausse de 20,7 % en termes courants, et de 19,7 % corrigée de l’inflation). 

+ 26,4 % : c'est la hausse de la production de céréales entre 2016 et 2017.

Après une année 2016 catastrophique, marquée par une baisse de la production et des prix, l’année 2017 serait celle d’un retour à la normale : les volumes ont renoué avec les niveaux que l’on observe tendanciellement depuis dix ans. En revanche, les prix sont orientés à la baisse (- 1,1 %) en raison d'une offre importante notamment en Russie et Ukraine. 

+ 18 % :  c'est l'augmentation de la production d'oléagineux entre 2016 et 2017.

La hausse de la production d'oléagineux est également très marquée avec une récolte historique pour le colza et le tournesol, en dépit de moindres superficies. Les prix en revanche diminuent de 2 % par rapport à 2016. 

- 40 % : les prix de la pomme de terre s'effondrent.

Le prix de la pomme de terre, traditionnellement soumis à de fortes variations annuelles, s’effondre (– 40 %), du fait d’une offre en forte hausse (+ 20 %).

-10,7 % de baisse pour la production des vins d'appellation.

La météo n'a pas été clémente pour les vins en 2017 : le gel au printemps et la grêle cet été ont engendré des vendanges peu abondantes. Dans le domaine des vins d’appellation, on approche le niveau de récolte le plus bas jamais observé depuis plus de vingt ans.

+14 % de hausse pour les prix du lait, alors que la production reste stable.

La production laitière est repartie à la hausse dans la plupart des grands pays producteurs. En France, ce mouvement s’est amorcé durant l’été et globalement, le volume annuel de lait est stable par rapport à 2016.

La hausse exceptionnelle du prix du beurre en 2017 a marqué les esprits ; elle a été la manifestation la plus forte de la situation des marchés de produits laitiers où la reprise de la demande mondiale a tiré les prix vers le haut. En France, le prix du lait s’oriente nettement à la hausse (+ 14 %). La tendance s’inverse donc après deux années consécutives de baisse ; toutefois, les prix de 2017 resteraient inférieurs à ceux de 2014.

- 2 % : la production de bovins décroît, des prix en hausse de + 3 % 

La production de viande bovine avait été entraînée ces dernières années par les déséquilibres du marché laitier : afflux de vaches de réforme qui ont déstabilisé l’offre. L’accalmie dans le domaine laitier observée en 2017 impacte positivement le secteur de la viande bovine (les volumes reculent de 2 %). Dans le même temps, la demande est soutenue à l’export mais reste en berne sur le marché domestique ; malgré tout, les prix renouent avec la hausse (+ 3 %).


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