Le Sia vu par les agriculteurs Positif mais passéiste et pas réaliste

Terre-net Média

Selon le baromètre agricole Terre-net BVA, les agriculteurs estiment que le Salon de l’agriculture de Paris renvoie au grand public une image positive mais éloignée de la réalité, passéiste et même inquiétante.

L'image de l'agriculture renvoyée aux Français par le Salon de l'agriculture selon les agriculteurs (sondage BVA pour Terre-net)L'image de l'agriculture renvoyée aux Français par le Salon de l'agriculture, selon les agriculteurs (baromètre agricole Terre-net BVA) (©Terre-net Média)

85 % des agriculteurs estiment que le Salon international de l’agriculture (Sia) à Paris renvoie au grand public une image de l'agriculture « éloignée de la réalité » selon le baromètre agricole Terre-net BVA de février 2016 (1). Ce sentiment n’est pas uniquement lié à la crise agricole actuelle puisqu’ils étaient déjà 78 % de cet avis il y a un an.

Une majorité de paysans (59 % cette année, 65 % l’an dernier) pensent pourtant que le Sia renvoie un visage de l’agriculture « positif » auprès des Français. C’est une bonne chose puisque ce rendez-vous se veut être la vitrine agricole française. Le moment de l’année où tous les projecteurs des médias et des politiques se braquent sur le monde agricole.

La place prise par l'aval ?

Mais 63 % estiment que l’image montrée sur ce salon est « passéiste » (53 % l’an dernier) et 64 % la trouve même « inquiétante » (55 % l’an dernier).

L’écart avec l’an dernier peut sans doute être attribué à la crise traversée par le monde agricole. Certes. Mais elle ne fait qu’amplifier des résultats déjà observés l’an dernier : un salon qui donne une image positive mais éloignée de la réalité, passéiste et même inquiétante.

Pourtant, comme chaque année, des agriculteurs et des agricultrices sont présents pour expliquer leur travail. Organisateurs et exposants ont davantage montré, cette année encore, la place des nouvelles technologies par exemple. Avec notamment "la ferme digitale" et des initiatives pour développer l’agriculture connectée.

Mais peut-être les producteurs estiment-ils que leur métier n’est pas assez clairement montré. Certains s’interrogent, à juste titre, sur la présence au milieu des animaux, d’enseignes de la distribution ou des entreprises de la transformation. Les mêmes qui, en dehors du salon, sont pointées du doigt depuis des mois par les paysans parce qu’elles ne jouent pas le jeu – ou du moins pas assez - d’une meilleure répartition de la valeur ajoutée, et donc de meilleurs prix à la production.

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(1) Sondage réalisé du 19 au 24 février 2015 par internet, auprès d’un échantillon de 615 agriculteurs professionnels, connectés à Internet âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon est assurée par la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : régions, et orientation principale de l’exploitation (grandes cultures / polyculture-élevages / autres : viticultures-arboriculture-maraîchage) - Source : Rga 2010.

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