Repères Semences, comprendre un secteur méconnu

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Entre la création de nouvelles variétés et la production, avec notamment les agriculteurs multiplicateurs, le secteur semences regroupe une grande diversité d’acteurs. La France est un lieu d’activité privilégié, étant le premier marché de consommation de semences en Europe. Mais le pays est aussi le leader mondial en matière d’exportations. Si le nombre d’entités a diminué en dix ans et que le secteur se concentre, la production de semences s’exerce dans la quasi-totalité des départements et génère de nombreux emplois.

Serre de sélection variétale colza Le secteur des semences contribue fortement à la balance commerciale française. (©Terre-net Média)

Cet article est issu du Déméter, un ouvrage de référence sur l’agriculture et la sécurité alimentaire dans le monde qui paraît chaque année depuis 1993.
Le Déméter offre des grilles de lecture pour comprendre les trajectoires agricoles prises en Europe et en France, ainsi que l’émergence de nouvelles puissances agricoles. Retrouvez l'édition 2018 (consultation gratuite),  l'édition 2019 et l'édition 2020.

Le secteur semences s’organise autour d’entreprises dont le coeur de métier est la création de nouvelles variétés (les sélectionneurs). Les semences sont produites par des entreprises de production qui, pour ce faire, passent des contrats avec des agriculteurs (les agriculteurs multiplicateurs) pour la production des semences au champ.

Côté sélection, il existe une grande diversité de portefeuilles d’activités, avec, aux extrêmes, des entreprises sélectionnant un grand nombre d’espèces agricoles et des entreprises de taille modeste ne sélectionnant qu’une espèce. Les entreprises multinationales sont impliquées dans la sélection des espèces à forte rentabilité (colza, maïs et tournesol), auxquelles peuvent s’ajouter la betterave et les légumes. Les céréales à paille sont sélectionnées majoritairement par des petites et moyennes entreprises et des multinationales européennes.

Côté entreprises de production, on trouve principalement des coopératives qui produisent des semences pour leurs adhérents agriculteurs, mais dont certaines se sont diversifiées vers une activité de sous-traitance avec des entreprises étrangères – c’est le cas pour le colza et les potagères – ou pour des commanditaires installés en France (maïs, tournesol). En potagères, de petites entreprises de production plus ou moins spécialisées se sont créées ces dernières années.

Les entreprises multinationales ont, dans les années 1970, choisi la France comme lieu d’activité privilégié, car le pays est le premier marché de consommation de semences en Europe. Elles y ont également implanté des centres de recherche, des usines et des plates-formes logistiques pour approvisionner en variétés et en semences les marchés européens, et même au-delà. Ces approvisionnements se réalisent à partir de productions nationales et d’importations de produits en brut ou semi-finis.

En France, une concentration toute relative

L’agrégation des données d’entreprises appartenant à un même groupe, issues d’enquêtes quinquennales, permet d’évaluer la concentration du secteur. Le nombre d’entités est passé de 271 en 2006 à 245 en 2016.

En 2016, les groupes et entreprises indépendantes réalisant plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires sont au nombre de 16, contre 11 cinq ans plus tôt, et contribuent pour 70 % au chiffre d’affaires du secteur, contre 58 % il y a cinq ans et un peu plus de 50 % il y a dix ans. Les effectifs de la classe 25-50 millions d’euros sont quasiment stables, mais ne représentent plus que 14 % du chiffre d’affaires du secteur, contre 16 % auparavant.

Les diminutions d’effectifs les plus importantes concernent les structures réalisant moins de 1 million d’euros de chiffre d’affaires. Il s’agit d’entreprises unipersonnelles ou disposant de faibles effectifs salariés, à l’image de certains collecteurs de plants de pommes de terre.

Côté diversité génétique, les entreprises produisent des semences de 64 espèces agricoles et plus de 6 000 variétés, auxquelles s’ajoutent 2 000 lignées parentales d’hybrides. Côté semences de légumes, 76 espèces sont multipliées avec un nombre de variétés non connu précisément, mais sans doute proche du nombre de variétés agricoles.

Surfaces cultivées pour la production de semences en 2018Dix départements français consacraient en 2018 plus de 10 000 hectares de surfaces cultivées pour la production de semences. (©Club Déméter/Le Déméter 2019)  

En France, en 2018, la surface totale cultivée pour la production de semences représente 383 000 hectares. L’activité du secteur de la production de semences s’exerce ainsi dans la quasi-totalité des départements. 

Le secteur est également fortement pourvoyeur d’emplois dans les zones rurales. Sur l’ensemble du territoire en 2016, le secteur employait 11 837 personnes. Il s’agit à la fois d’emplois à temps plein mais aussi d’emplois saisonniers.

Emplois et sites semences en 2016C'est le Maine-et-Loire qui regroupe le plus grand nombre d'entreprises de semence et génère le plus grand nombre d'emplois dans ce secteur. (©Club Déméter/Le Déméter 2019)

La France, un acteur de poids dans le monde

Avec des exportations de semences et plants comprises entre 1,4 et 1,6 milliard d’euros en moyenne ces dernières années, la France est le leader mondial en la matière. Le secteur contribue fortement à la balance commerciale du pays. Si deux tiers de ces exportations prennent le chemin des États membres de l’Union européenne, il convient toutefois de souligner que ces ventes s’effectuent sur tous les continents.

Exportations françaises de semences (toutes semences) sur la campagne 2016-2017La France exporte des semences essentiellement en Europe. (©Club Déméter/Le Déméter 2019)

Source : Gnis

À propos de Club Déméter et de l'Iris

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