Mal-être des agriculteurs Un tiers proche du burn-out et 60 % de pessimistes

Terre-net Média

D’après les résultats d’une étude menée depuis 2018 auprès des agriculteurs de Saône-et-Loire, le risque d’épuisement des exploitants agricoles est inquiétant avec six sur dix en situation de désespoir, et un sur trois proches du burn-out…

Mal-être des agriculteurs : en Saône-et-Loire, un tiers sont proches du burn-out et plus de 60 % sont pessimistes quant à l'avenirMal-être des agriculteurs : en Saône-et-Loire, un tiers des exploitants sont proches du burn-out et plus de 60 % sont pessimistes quant à l'avenir (©Pixabay) 

« À l’approche du Salon International de l’agriculture, qui braque la lumière sur notre profession, parfois avec euphorie pour le grand public, il est insupportable de savoir que celles et ceux qui dédient leur vie à l’activité agricole sont au bord de l’épuisement professionnel. Ce qu’il se passe parmi les 7 000 exploitations du département de la Saône-et-Loire est révélateur d’un malaise français contre lequel il est urgent d’agir », commente Bernard Lacour, président de la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire.

À l’initiative de la chambre d'agriculture, une enquête est menée depuis 2018 auprès des 7 000 exploitations agricoles du département pour mesurer les situations de fragilité professionnelle des agriculteurs, et les résultats 2019 font état, comme en 2018, d’un risque élevé d’épuisement professionnel. Ainsi, 61 % des exploitants ont une vision du futur parfois/assez/très négative (contre 7 sur 10 en 2018), une échelle du désespoir à prendre au sérieux car elle peut être prédictive du risque de suicide chez les agriculteurs. Quant au burn-out, 35 % des répondants en sont proches.

bonne santé physique mais santé mentale passable ou mauvaise

La majorité des répondants (67 %) estime être en bonne condition physique, une proportion qui a augmenté de 12 points entre septembre 2018 et juin 2019. 84 % ne fument pas, 65 % prêtent attention à leur alimentation, 26 % pratiquent une activité sportive au moins six heures par semaine (mais 51 % sont sédentaires).

En revanche, 35 % des agriculteurs interrogés jugent leur santé mentale passable ou mauvaise, ce qui peut être expliqué par différents facteurs. Un tiers des répondants se sentent isolés, et seulement 35 % estimaient être entourés lors de la dernière vague d’enquête, en juin 2019. Parallèlement, le temps de travail est élevé pour la majorité des exploitants (plus de 50 heures par semaine pour 77 %, dont 21 % travaillent plus de 70h par semaine). Par ailleurs, 54 % dort moins de 7h par nuit, et 42 % estiment que la qualité de ce sommeil est passable ou mauvaise.

S’il existe peu de mesure du risque de burn-out chez les agriculteurs, le professeur Olivier Torrès, de l’observatoire Amarok (association spécialisée dans l’étude de la santé physique et mentale des travailleurs non salariés, et en charge de cette étude), juge inquiétants les résultats de ces enquêtes auprès des exploitants agricoles de Saône-et-Loire. Le risque d’épuisement professionnel y apparait deux fois plus élevé que pour l’ensemble des chefs d’entreprise, tous secteurs d’activité confondus.

Caractéristiques des exploitations agricoles en Saône-et-Loire :
- Le secteur d'activité "bovins viande" concerne 48 % des exploitations
- 42 % des sondés gèrent seuls leur exploitation, 29 % ont des associés familiaux, 14 % emploient au moins un salarié ou un apprenti
- 77 % sont des hommes, âgés de plus de 35 ans pour 88 % d'entre eux
- 59 % ont repris l'exploitation familiale

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