[Interview] Luc Vermeulen, FNCuma « Nous visons la création de 1 000 emplois en plus d'ici 2020 dans les Cuma »

Terre-net Média

L’emploi partagé, un thème central lors de l’assemblée générale de la FNCuma qui s’est déroulée mardi 30 mai 2017. Luc Vermeulen, son président, vise la création de 1 000 emplois d’ici 2020. Les attentes des Cuma à l’égard du nouveau gouvernement sont fortes : réduction des charges, reconnaissance des collectifs par les politiques publiques ou encore maintien du dispositif national d’accompagnement des Cuma.

Luc Vermeulen au pupitre lors de l'Ag de la FNCuma le 30 mai 2017.Luc Vermeulen au pupitre lors de l'assemblée générale de la FNCuma le 30 mai 2017. (©FNCuma)

La Fédération nationale des Coopératives d'utilisation de matériel agricole (FNCuma) a tenu son assemblée générale mardi 30 mai 2017 à Montrouge, près de Paris. Luc Vermeulen, son président depuis mai 2016, répond à nos questions.

Quel était le principal thème abordé lors de votre assemblée générale ?

Il s’agit de « l'emploi partagé, moteur des Cuma ». Avec le matériel de plus en plus sophistiqué, des temps d’intervention plus courts et la surcharge de travail dans les exploitations, on constate une hausse de la délégation de l’emploi aux Cuma.

En 2016, avec la Loi Travail, les Cuma ont été reconnues comme des groupements d’employeurs à part entière. Cela va nous permettre de répondre à cette demande croissante des agriculteurs de pouvoir partager un salarié au sein d’une Cuma.

Comment allez-vous procéder pour développer l’emploi partagé dans les prochaines années ?

La FNCuma va accompagner les Cuma à franchir le cap symbolique de la première embauche et les aider dans leur fonction d’employeur. Aujourd’hui, le réseau Cuma compte 4 700 emplois. Notre objectif à horizon 2020 est d’en créer 1 000 de plus.

L’année 2016 catastrophique a-t-elle eu un impact sur les Cuma ?

Les investissements Cuma ont été constants car ils s’inscrivent dans une réflexion de fond sur la maîtrise de charges des exploitations. L’année 2016 n’a pas mis de frein à la croissance des investissements, bien au contraire. Les Cuma se sont remises autour de la table, cela a abouti à des restructurations, des repositionnements d’investissements mais toujours dans une dynamique de développement.

Qu’attendez-vous du quinquennat d’Emmanuel Macron ?

Il faut d’abord absolument avancer sur l’accessibilité des Cuma à la réduction des charges. Actuellement, elles ne peuvent pas bénéficier du CICE (Crédit impôt compétitivité emploi), car elles sont sous statut coopératif et donc non soumises à l’impôt. Cela représente un manque à gagner de l’ordre de 6 millions d’euros pour l’ensemble des Cuma de France. Nous considérons qu’il n’y a pas de raison que les Cuma n’aient pas accès à la réduction de charges. Nous attendons donc beaucoup du nouveau gouvernement. Emmanuel Macron avait annoncé pendant sa campagne vouloir remettre à plat le dispositif du CICE et faire bénéficier tous les acteurs de l’emploi de la réduction de charges. C’est un frein qu’il nous faut absolument lever pour être dans cette dynamique de création de 1 000 emplois.

Avez-vous d’autres attentes ?

Oui, tout à fait. Nous avons une forte attente sur la reconnaissance des collectifs par des financements publics. Les Cuma sont de véritables moteurs de compétitivité pour l’agriculture et doivent être reconnues comme des acteurs à part entière notamment dans le plan d’investissement pour l’agriculture de 5 milliards d’euros promis par Emmanuel Macron. L’argent public donné à des collectifs est beaucoup plus valorisé et permet d’améliorer la compétitivité de l’agriculture.

Nous avons aussi une attente forte sur le dispositif national d’accompagnement des Cuma, le DiNA Cuma (il s’agit d’encourager le développement du conseil stratégique et des diagnostics dans les Cuma) qui s’est déployé sur le deuxième semestre 2016. Nous espérons la reconduction voire une hausse du montant de l’enveloppe dédiée à ce dispositif qui est actuellement de 2,5 millions d'euros.

Enfin, concernant le volet sur l’obligation de révision prévue par la loi Economie Sociale et Solidaire (ESS), nous demandons une révision adaptée qui soit dans la dynamique de simplification des contraintes administratives promise par Emmanuel Macron.

Quels sont les prochains évènements pour les Cuma ?

Au niveau local, il y a un MecaFourrages prévu en Corrèze, le 29 juin prochain. Au niveau national, le salon Aux champs, qui a lieu tous les deux ans, se déroulera à Lisieux (Calvados) les 30 et 31 août 2017. L’agriculture connectée et l’innovation seront les thèmes abordés lors de ce rendez-vous où nous attendons de 15 000 à 20 000 visiteurs.  

 


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