Pac, environnement, installation Jean-Marie Séronie : « Pourquoi pas une intersyndicale agricole ? »

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À l’instar de l’intersyndicale de salariés ayant décidé la grève SNCF à raison de deux jours sur cinq pendant trois mois, l’agro-économiste Jean-Marie Séronie estime que les syndicats agricoles auraient tout intérêt à s’entendre sur une « plateforme commune » de positions et revendications, notamment sur le renouvellement des générations, la promotion du modèle d’agriculture familiale, voire même sur l’environnement. Et ce pour mieux défendre une position française claire dans le cadre de la réforme de la Pac, mais aussi pour mieux contrer l’agribashing ambiant.

Jean-Marie Séronie : « Pourquoi pas une intersyndicale agricole pour mieux défendre l'agriculture et les agriculteurs ? »

Et si l’avenir de l’agriculture française passait aussi par une « intersyndicale » réunissant la FNSEA, Jeunes agriculteurs, la Coordination rurale, la Confédération paysanne et le Modef ? Utopique ? À défaut d’être réalisable à court terme – à moins de 10 mois des prochaines élections des chambres d’agriculture – l’agro-économiste Jean-Marie Séronie estime que « la démarche serait souhaitable ».

« Sur le fond, les quatre grands syndicats sont globalement d’accord sur le modèle d’agriculture familiale défendue en France. Il suffirait qu’ils se mettent autour d’une même table pour voir qu’ils ont de nombreux points de convergence. »

Sur le thème de l’installation et du renouvellement des générations aussi, l’économiste estime que les syndicats sont globalement en phase. « Sur les modalités du renouvellement des générations, il n’y a pas de divergences sensibles. » Et même sur l’environnement, il considère que les positions du duo FNSEA-JA, de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne se rapprochent. « Tous les syndicats ont intégré la transition agroécologique. »

« Chacun pourrait conserver ses sensibilités propres, mais en défendant un socle commun de positions. »

« Une partie de l’agribashing croissant trouve sa source dans les divisions internes au monde agricole. »

Jean-Marie Séronie suggère ainsi la mise en place d’une plateforme commune de revendications à tous les syndicats agricoles, à l’instar de l’intersyndicale de salariés qui a décidé la grève à la SNCF. Mais pour quoi faire ? L’observateur y voit trois raisons majeures.

« De plus en plus d’agriculteurs sont perdus et ont un sentiment d’abandon. Ça pourrait les rassurer. Par ailleurs, la France pèse de moins en moins dans les négociations européennes. Pour la prochaine réforme de la Pac, les syndicats gagneraient à se positionner unitairement sur leurs points de convergence. »

Enfin, il estime qu’une partie de l’agribashing croissant dont se sentent victimes les agriculteurs « trouve sa source dans les divisions internes au monde agricole ». « Face à une société favorable aux agriculteurs mais de plus en plus critique à l’égard de l’agriculture, je pense que c’est un énorme gâchis de ce point de vue. »

C’est aussi, selon lui, un gâchis concernant les États généraux de l’alimentation et la défense d’une plus juste rémunération des producteurs. « FNSEA, JA, CR, Confédération paysanne et Modef ont tous signé, le 14 novembre 2017, la charte d’engagement dans le cadre des négociations commerciales. Ce serait déjà une base de travail pour avancer ensemble sur ce dossier. »


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