Présidentielle 2017, J-27 Eddy Fougier, politologue : « Les candidats sous-estiment l’électorat agricole »

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Auteur d’une étude sur la montée du vote Front national chez les agriculteurs, le politologue Eddy Fougier relève que tous les politiques sous-estiment le poids du secteur agricole et agroalimentaire, qui peut, au sens le plus large, représenter 20 % du corps électoral.

[Vidéo] Eddy Fougier, politologue : « Les agriculteurs n’ont jamais été aussi indécis »

A quelques semaines du premier tour de l’élection Présidentielle 2017, le politologue Eddy Fougier estime que tous les candidats n’ont pas pleinement pris la mesure du poids électoral du monde agricole.

Certes, les agriculteurs ne représentent guère plus de 2 % tout au plus de la population française. Mais « il y a aussi les retraités, les salariés agricoles, les conjoints d’agriculteurs. Cela représente environ trois millions de personnes, soit 8 % du corps électoral. Si on élargit encore ce cercle à l’agroalimentaire, cela représente 8 millions de votants, soit 20 % du corps électoral ! »

Autre question d’importance : les agriculteurs se reconnaissent-ils encore dans l’offre politique actuelle ?  « Selon une enquête mise en place par Sciences Po, 52 % des agriculteurs seraient prêts à s’abstenir, alors que l’électorat agricole est habituellement parmi l’un des plus civiques. »

Montée d'un vote alternatif à la droite traditionnelle

Selon cette étude, les agriculteurs seraient davantage tentés par un vote alternatif à la droite traditionnelle : « François Fillon serait à 20 % d’intentions de vote, Emmanuel Macron aussi, et Marine Le Pen serait autour de 35 %. » Un vote alternatif qui illustre une montée du vote agricole vers le Front national, pour lequel le politologue a consacré une étude intitulée Le Front national en campagnes - Les agriculteurs et le vote FN.

A partir du début des années 90, lors du débat du traité de Maastricht sur l’Union européenne, j’ai observé une nette scission entre ceux qui continuaient à soutenir les gaullistes, et ceux qui se sont dirigés vers des mouvements plus souverainistes. Dans le même temps, ça bougeait aussi sur le plan syndical, avec l’essor de la Coordination rurale.

« A partir des années 2000, une partie de cet électorat agricole se dirige plus encore vers le Front national, de façon ponctuelle comme en 2002, mais aussi de manière plus régulière depuis 2012 », explique-t-il.

« Ce mouvement électoral vers le Front national s’accélère. Même si Nicolas Sarkozy a été assez populaire auprès des agriculteurs, il y a eu une défiance assez forte lors de la primaire de la droite. Il y a aujourd’hui une suspicion qui s’installe à droite, qui se concentre sur les affaires de François Fillon. »

À lire également : [Sondage] Intentions de vote des agriculteurs pour la présidentielle 2017


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