; Chiffres clés sur l'agriculture en France - Recensement agricole 2020

Recensement agricole 2020 En 10 ans, 100 000 exploitations de moins en France, pour une SAU identique

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Entre 2010 et 2020, le nombre d’exploitations agricoles est passé de 490 000 à 390 000, pour une surface agricole qui reste stable et représente environ la moitié du territoire métropolitain, indiquent les premiers résultats du recensement agricole. Une diminution qui s'explique principalement par la pyramide des âges et un nombre de départs à la retraite plus important que le nombre d'installations.

Le dernier recensement agricole montre que la France a perdu 100 000 exploitations agricoles en 10 ans, mais la surface agricole utile est restée stable.Le dernier recensement agricole montre que la France a perdu 100 000 exploitations agricoles en 10 ans, mais la surface agricole utile est restée stable. (©Pixabay)

Avec 100 000 exploitations agricoles en moins en 10 ans, la France compte désormais 390 000 fermes sur son sol, mais la surface occupée par l’agriculture reste identique, avec 26,7 millions d'hectares, soit environ la moitié du territoire métropolitain. « Au-delà de son rôle nourricier, l’agriculteur a donc un rôle d’aménagement, de gestion du territoire », a souligné le ministre de l’agriculture en présentant le 10 décembre les résultats provisoires du recensement agricole 2020. Entre 2000 et 2010, la France avait déjà perdu 26 % de ses exploitations, passant de 663 000 à 490 000.

Pas « d’industrialisation galopante de nos modèles agricoles »

Pour Julien Denormandie, ces premiers chiffres, qui seront consolidés en fin d’année, viennent confirmer que « le modèle agricole français est un modèle de qualité, tourné vers les exploitations à taille humaine », avec une moyenne de 69 ha par exploitation, soit « trois fois moins que la taille moyenne d’une exploitation aux États-Unis », précise-t-il. « Il n’y a pas d’industrialisation galopante de nos modèles agricoles », insiste-t-il.

La plus grande SAU bio d’Europe

La part des exploitations engagées dans un label (Label Rouge, IGP, AOC, bio, etc.) témoigne ainsi de cette qualité puisqu’aujourd’hui une sur trois produit sous label. Sur le HVE, qui n’est pas mesuré dans le recensement, mais par d’autres sources, « on a multiplié par 20 le nombre d’exploitations en trois ans » ajoute également le ministre. Enfin, la surface bio n’a cessé de croître en dix ans, avec une accélération depuis 2017, faisant de la France la plus grande SAU bio d’Europe.

Signe que, peut-être, les consommateurs ont pris conscience de cette qualité, la confiance des Français envers leur agriculture n’a jamais été aussi forte, salue Julien Denormandie, qui s’appuie sur un sondage récent Ifop pour Ouest France. Si la crise sanitaire a probablement joué un rôle dans le rapprochement entre les Français et leurs agriculteurs, ces derniers ont également fait preuve d’adaptation en développant massivement la vente directe, puisqu’aujourd’hui, une exploitation sur quatre vend en circuit court.

Des installations qui se maintiennent, mais insuffisantes

Du point de vue de la démographie, le recensement montre une augmentation de cinq points, en 10 ans, du nombre d’agriculteurs âgés de 60 ans et plus, cette proportion passant de 13 % en 2010 à 18 % en 2020. Le vieillissement des agriculteurs et le nombre important des départs à la retraite expliquent d'ailleurs la diminution du nombre d'exploitations sur dix ans. Néanmoins, « notre modèle agricole continue profondément à attirer puisque le nombre d’installations reste stable, autour de 14 000 par an », précise le ministre. Il faudrait cependant atteindre 20 000 installations par an pour assurer le renouvellement des générations, ajoute-t-il, rappelant l’importance du travail mené, en ce sens, sur les aides à l’installation renforcées dans le cadre de la nouvelle Pac, la rémunération avec la loi Égalim 2, ou la réforme de l’assurance récolte, en cours, qui doit donner plus de visibilité aux agriculteurs qui s’installent. 

Une féminisation du métier qui ne progresse pas

Autre constat, en 10 ans, le pourcentage de femmes cheffes d’exploitation n’a pas progressé, stagnant à un peu moins de 30 %, alors que paradoxalement, la parité est respectée dans l’enseignement technique, et que le nombre d’étudiantes est même plus important que le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur. Un paradoxe qui révèle un travail nécessaire à mener pour répondre à plusieurs défis de politique sociale, pour un meilleur équilibre de vie et des conditions de travail plus favorables (possibilité de prendre plus de temps de répit, renforcement du congé parental, pénibilité au travail), estime le ministre.

Le recensement agricole, qui a lieu tous les dix ans, a été effectué du 1er octobre 2020 au 30 avril 2021. Les résultats définitifs seront connus à la fin de l’année.


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