Compétitivité, revenus, emploi Face aux difficultés croissantes, la Fnsea et Coop de France au sommet de l’Etat

Terre-net Média

Prix et revenus en baisse, législations de plus en plus nombreuses, difficultés financières à embaucher, complexification des démarches administratives… : la Fnsea et Coop de France montent au front à l’Elysée et à Matignon et demandent des mesures simples et d’application immédiate pour redonner un peu d’air aux exploitations en difficulté. Selon la Fnsea, des mesures d’allègement de charges pourraient être annoncées par le gouvernement dans les prochains jours.

Interview de Philippe Mangin, président de Coop de France, après sa rencontre avec le président de la République François Hollande. 

Philippe Mangin, président de Coop de France, a été reçu à l'Elysée pour aborder la question des relations commerciales entre producteurs, fournisseurs et distributeurs. Philippe Mangin, président de Coop de France, a été reçu à l'Elysée pour aborder la question des relations commerciales entre producteurs, fournisseurs et distributeurs. (©Terre-net Média)  

D es représentants de la Fnsea étaient reçus ce jeudi 4 mai par Manuel Valls pour aborder les difficultés de compétitivité du secteur agricole, alors que la courbe du chômage ne s’inverse toujours pas malgré les promesses du chef de l’Etat. La veille, le syndicat a dévoilé 18 propositions pour relancer l’ emploi dans les Tpe et Pme agricoles. « Le premier ministre a été attentif à nos mesures pour réduire le coût du travail et les contraintes réglementaires, assure Jérôme Volle, responsable de la commission emploi à la Fnsea.

Selon lui, au vu de la « large consultation » opérée par le Premier ministre, des mesures d’allègement du coût du travail pourraient être annoncées dans les prochains jours.

« Nous voulons que le gouvernement prenne des mesures simples, applicables le plus rapidement possible pour qu’elles produisent leurs avantages au plus vite, explique-t-il. Car il y a urgence dans de nombreuses exploitations et filières, notamment en porcs et bovins viande. »

[Interview vidéo]
Philippe Mangin, président de Coop de France : « L'Etat doit prendre ses responsabilités! »

Quelques heures auparavant, c’est Philippe Mangin, président de Coop de France, qui rendait compte à la presse de son entretien avec le chef de l’Etat à l’Elysée, vendredi 29 mai dernier. Un rendez-vous pour évoquer la situation difficile dans certaines filières, mais surtout la « guerre des prix qui ne s’arrête pas » entre distributeurs. Une guerre des prix « qui ne profite à personne », selon le représentant de la coopération agricole.

Coop de France « demande  au gouvernement de prendre ses responsabilités » en matière de relations commerciales. « Réunir tous les acteurs, dire et redire que ça ne va pas, pour finalement se donner rendez-vous un mois plus tard : il n’y a pas besoin d’être ministre pour faire ça », a ainsi critiqué Philippe Mangin, ciblant l'action de Stéphane Le Foll au sein du ministère de l'Agriculture.

L’instance représentative de la coopération agricole estime néanmoins que l’arsenal juridique est suffisant, « pour peu qu’il soit appliqué par les distributeurs ». Une nouvelle loi ne serait donc pas nécessaire pour améliorer les relations commerciales entre fournisseurs et distributeurs.

Un "new deal" avec la distribution

A plus long terme, Coop de France reste résolument optimiste et propose un "new deal" avec les distributeurs. « Nous ne pouvons continuer dans cette relation conflictuelle permanente ». Philippe Mangin entend ouvrir avec chaque enseigne un travail de fond sur deux ans pour aboutir à un climat de dialogue, avec des rencontres régulières dans les prochains mois. Des échanges ont déjà eu lieu dans ce sens avec la Fcd et « quelques enseignes ».

Le président de Coop de France se dit par ailleurs « intimement convaincu » que le consommateur a un intérêt à acheter des produits coopératifs, d’un point de vue de l’origine des produits, de la dynamique des territoires et de l’emploi.

En attendant, Philippe Mangin a vivement critiqué les actions syndicales bloquant certains abattoirs au cours des semaines passées. « C’est se tirer une balle dans le pied que de bloquer nos propres outils de transformation ! »


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