Pacte de responsabilité en agriculture La Fnsea et 9 partenaires signent pour créer 15.000 emplois nets d’ici 2017

Terre-net Média

La Fnsea, la Fnedt, la Fncuma et sept autres organisations patronales et salariales agricoles ont officiellement signé, mercredi 15 avril 2015, un accord national sur un pacte de responsabilité en matière d’emploi. Objectif : créer 15.000 emplois nets d’ici 2017, booster l’apprentissage et « déprécariser » les emplois actuels.

Signature du pacte de responsabilité entre 10 organisations patronales et salariales agricolesAvec neuf représentants d'organisations patronales et salariales, Xavier Beulin, président de la Fnsea, a signé le pacte de responsabilité agricole visant à créer 15.000 emplois nets d'ici fin 2017. (©Terre-net Média)

Après huit mois de négociations, la Fnsea et neuf organisations patronales et salariales agricoles ont signé, pour le secteur agricole, le fameux pacte de responsabilité souhaité par François Hollande.

Les partenaires signataires du pacte
Organisations patronales : La Fnsea, la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires (Fnedt), la Fédération nationale du bois (Fnb), les Forestiers privés de France (Fpf), l’Union nationale des entrepreneurs du paysage (Unep), la Fncuma, l'Union syndicale des rouisseurs teilleurs de lin de France (Usrtl)
 
Organisations salariales : la Fédération générale agroalimentaire Cfdt, la Fédération Cftc de l'Agriculture, le Syndicat national des cadres d'entreprises agricoles Cfe/Cgc.

Les organisations patronales agricoles s’engagent d’abord auprès des syndicats de salariés à conclure 35.000 contrats à durée indéterminée chaque année d’ici fin 2017. « L’objectif est d’augmenter de 5 % le nombre de contrats Cdi », a expliqué Xavier Beulin, le président de la Fnsea. Le secteur agricole compterait donc, avec ce pacte, 325.000 contrats Cdi contre 310.000 actuellement.

Pour y parvenir, les organisations veulent booster le développement des groupements d’employeurs, pour « déprécariser » certains emplois saisonniers ou à temps partiels. « Je suis viticulteur en Ardèche. J’ai besoin de main-d’œuvre occasionnelle pour les travaux sur mes vignes. Peut-être pourrais-je voir avec des éleveurs de mon secteur pour, ensemble, employer un ou plusieurs salariés de manière permanente sur nos exploitations », illustre Jérôme Volle, président de la Fdsea de l’Ardèche, et futur responsable de la commission emploi à la Fnsea. Pour lui, l’emploi partagé est une importante piste d’embauches nettes. Une campagne de communication pour développer les groupements entre agriculteurs sera lancée dans les prochains mois.

Du « 1 % logement » pour loger des salariés agricoles

La création de ces emplois passera aussi « par le développement des bourses à l’emploi », en partenariat avec l’Anefa, l’Association nationale pour l’emploi et la formation en agriculture. Mais pour inciter des demandeurs d’emplois à travailler dans le secteur agricole, « il va surtout falloir rendre plus attractif les emplois à pourvoir ». Car l’emploi dans les exploitations, et plus largement en zone rurale, souffre de contraintes que n’a pas l’emploi en zone urbaine, notamment en termes de logement et de transport des salariés, voire de garde d’enfants.

La Fnsea voudrait ainsi que le dispositif du « 1 % logement » appliqué dans les autres secteurs d’activités permette de restructurer des logements dans des communes rurales au profit de salariés agricoles. « Dans certaines zones, les propriétaires privilégient la location touristique à la location permanente. Les salariés ont parfois du mal à se loger. »

Un travail doit aussi être engagé entre partenaires sociaux pour améliorer l’attractivité des emplois agricoles.

Outre la transformation de contrats précaires en contrats à durée déterminée, les organisations patronales, Fnsea en tête, comptent créer 15.000 emplois nets. « Malgré les difficultés, l’agriculture a un potentiel non négligeable de développement économique se traduisant par des emplois », insiste Jérôme Volle.

L'apprentissage en agriculture baisse

Le secteur agricole veut aussi booster l’apprentissage, en perte de vitesse depuis 2012 « à cause de carcans réglementaires qui empêchent les apprentis d’apprendre le métier ». Entre 2012 et 2013, le nombre de contrats d’apprentissage dans les exploitations agricoles a baissé de plus de 7 %. Il n’est pas reparti à la hausse depuis. « Nous attendons toujours la sortie d’un décret assouplissant quelques règles absurdes », explique Jérôme Volle. « On ne peut pas faire monter un apprenti mineur sur un escabeau », illustre Xavier Beulin. En contrepartie, le texte, ironiquement baptisé « décret escabeau », doit être publié dans les prochains jours.

En trois ans, la Fnsea espère la conclusion, chaque année, de 41.300 contrats d’apprentissage et 2.000 contrats de professionnalisation, permettant d’enrayer la baisse du nombre d’alternants.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous