Environnement, compétitivité, emploi… Les débats d’un salon 2015 « sans euphorie »

Terre-net Média

Avec une conjoncture économique très tendue dans la plupart des filières agricoles, « ce salon de l’agriculture 2015 ne sera pas euphorique », a résumé Xavier Beulin, à trois jours de l’inauguration de la plus grande vitrine agricole de France, lors d’un point presse en forme de bilan des Etats généraux de l'Agriculture lancés il y a un an.

Xavier Beulin président de la FnseaA quelques jours de l'édition 2015 du Salon de l'agriculture, Xavier Beulin président de la Fnsea, attend du gouvernement une attention particulière à l'égard du secteur agricole, « dans un contexte très difficile pour la plupart des filières ». (©Terre-net Média)

Pour la Fnsea, les jours précédant l’ouverture du salon de l’agriculture sont traditionnellement l’occasion de faire le point sur les sujets importants. Ceux qui alimenteront, pendant plus d’une semaine, les débats dans les allées du parc expo de la Porte de Versailles.

Mardi 17 février, le président du syndicat a été reçu par Manuel Valls et une batterie de ministres - Stéphane Le Foll, Ségolène Royal, Emmanuel Macron et Geneviève Fioraso – pour faire le point, un an après leur lancement, sur les Etats généraux de l’Agriculture qui avaient précédé l’ouverture de l’édition 2014 du Sia.

Un point d’étape qui, au regard des annonces faites en matière d’allègement des règles d’installations classées pour les élevages avicoles, marque une nouvelle rupture entre le Gouvernement et les écologistes.

Edf bientôt détrôné par le secteur agricole

Sur le pacte de responsabilité version agricole, un accord entre la Fnsea et les syndicats de salariés agricoles devrait être signé le 6 mars prochain, avec à la clé, des objectifs de créations d’emplois. La Fnsea assure aussi avoir anticipé le pacte de responsabilité, en s’engageant dès la fin 2012 à la création d’un comité d’inter-entreprises pour les salariés agricoles. En offrant des services à plus de 300.000 salariés agricoles, ce « CE » détrônerait ainsi celui d’Edf, réputé pour être le plus important de France.

En revanche, pas question de céder sur l’application du compte pénibilité dans le secteur agricole. La Fnsea propose d’établir un système forfaitaire par branches en lieu et place d’une gestion par exploitation « impossible à mettre en œuvre pour les agriculteurs ».

En matière de gestion de la ressource en eau, Sivens concentre tous les regards. Mais, précise Xavier Beulin, « plus de 100 projets de retenues d’eau, concernant chacun de un à dix agriculteurs, sont actuellement en stand-by ». Une disposition réglementaire en cours d’arbitrage conduirait à supprimer la participation des agences de l’eau au financement de ces projets et à rendre obligatoire une réduction de 20 % de l’utilisation d’eau par rapport aux niveaux d’utilisation actuels. « Nous demandons la suppression de cette mesure. »

Le dossier de la définition des cours d’eau, quant à lui, a très timidement évolué. En février 2014, les agriculteurs de la Fnsea manifestaient en organisant des opérations « curage de fossés » pour dénoncer des aberrations administratives. « Nous devrions avoir prochainement des cartes départementales avec les cours d’eau retenus par l’Administration. »

L’agro-écologie divise

Concernant la thématique plus globale de l’environnement, l’agro-écologie défendue par le Gouvernement semble recevoir de moins en moins d’écho, tant de la part des écologistes qui estiment que Stéphane Le Foll n’en fait pas assez, que de celle de la Fnsea. « Je m’interroge sur ce qu’on met concrètement derrière le concept » a rappelé une nouvelle fois Xavier Beulin. La modernisation du droit de l’environnement actuellement à l’étude inquiète le leader syndical. « Nous sommes soumis à un risque de droit à pétition généralisé ». La loi Macron envisage davantage de possibilités d’exiger des études d’impact pour des projets agricoles notamment, risquant ainsi de ralentir voire de limiter les possibilités de modernisation d’élevages.

Par ailleurs, les relations commerciales entre distributeurs et fournisseurs s’achèveront le 28 février prochain « dans la douleur ». « Les négociations sont extrêmement difficiles » a dénoncé Xavier Beulin. « Certains accords pourraient ne pas être signés tellement les conditions imposées par les Gms sont inacceptables. » Selon le président de la Fnsea, 1.200 contrôles auraient été effectués chez les distributeurs par l’autorité de la concurrence. « Ces contrôles devraient donner lieu à des sanctions chez certaines enseignes dans les prochaines semaines. »

Reste que « le climat de ce salon 2015 ne sera pas euphorique », résume-t-on à la Fnsea. La situation de l'agriculture n’est pas bonne. L’agriculture française a du mal à se remettre à niveau par rapport au dynamisme de ses voisins européens. » Xavier Beulin pointe ainsi du doigt les conséquences de l’embargo russe. Sur ce dossier, Phil Hogan, en visite dimanche 22 février Porte de Versailles est attendu au tournant. Le commissaire européen à l’agriculture devrait annoncer des mesures complémentaires – probablement des possibilités de stockage privé – pour soutenir les filières agricoles impactées.


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