; Mariia Dudikh témoigne sur la situation des agriculteurs ukrainiens

M. Dudikh, du forum agraire ukrainien « Nous appelons les fermiers français à nous soutenir »

Terre-net Média

Le congrès de la FNSEA, qui s’est tenu le 29 mars à Besançon, la veille du grand oral agricole des candidats, a consacré une séquence à la guerre en Ukraine. A cette occasion, Mariia Dudikh, directrice du forum national agraire ukrainien, a témoigné en visioconférence de la situation difficile des agriculteurs ukrainiens. Une intervention très applaudie par les congressistes.

Mariia Dudikh, directrice du forum national agraire ukrainien, lors de son intervention en visioconférence au Congrès de la FNSEA à Besançon, le 29 mars.Mariia Dudikh, directrice du forum national agraire ukrainien, lors de son intervention en visioconférence au Congrès de la FNSEA à Besançon, le 29 mars. (©FNSEA) 

« Les fermiers, avec les troupes ukrainiennes, participent à des combats, mais la nuit, ils sortent sur leurs terres pour travailler et semer », a expliqué Mariia Dudikh devant les congressistes de la FNSEA à Besançon, le 29 mars. La directrice du forum national agraire ukrainien, organisation qui réunit six unions agricoles du pays et représente 50 % de la production agricole ukrainienne, a évoqué les importantes difficultés que rencontre le secteur agricole ukrainien, alors que beaucoup de pays dans le monde dépendent de cette production pour nourrir leur population.

500 km de front traversent les zones rurales

« La situation est critique pour les fermiers dans les zones de conflit », où les exploitations et les agriculteurs sont victimes de bombardements, explique-t-elle. « 500 kilomètres de front traversent les zones rurales, ce qui rend les travaux de semis très dangereux, voire impossibles », ajoute Mariia Dudikh.

Néanmoins, les fermiers tentent de semer malgré tout, la nuit, et espèrent semer jusqu’à 60 ou 70 % des terres agricoles, « un pronostic optimiste », avoue la directrice du forum agraire, qui miserait plutôt sur 50 % des terres. Avec une grande incertitude sur ces prévisions, « car on ne sait jamais où les obus vont tomber », notamment sur les entrepôts et lieux de stockage du carburant, cible privilégiée des Russes depuis quelques jours. Or, l’une des plus grandes difficultés, actuellement, pour l’agriculture ukrainienne est bien l’accès à l’énergie et au carburant.

Retrouvez l'intervention de Mariia Dudikh au congrès de la FNSEA dans la séquence vidéo suivante :

15 à 20 % des exportations habituelles

Alors que 400 millions de personnes dépendent des importations de céréales ukrainiennes pour se nourrir dans le monde, les exportations ont été stoppées par la prise de contrôle des ports. « Actuellement, les exports sont réalisés via les voies ferroviaires pour transporter les céréales, mais les capacités ne sont pas du tout suffisantes. Nous espérons pouvoir atteindre 15 à 20 % de notre export habituel, mais encore une fois, on ne sait pas ce qui va se passer dans une heure ou ce qui va se passer demain », ajoute Mariia Dudikh.

Une situation catastrophique pour l’élevage

La directrice du forum agraire a également évoqué la situation de l’élevage, « catastrophique » notamment en élevage laitier, en raison des difficultés d’approvisionnement en alimentation animale. Les aliments sont présents sur le sol ukrainien, mais « on ne peut pas les transporter vers les zones occupées », déplore Mariia Dudikh. Parallèlement, la commercialisation des produits laitiers est également très perturbée, certaines entreprises de transformation et de commercialisation étant détruites ou à l’arrêt à cause du conflit. Et la situation est similaire en élevage porcin ou avicole.

« Nous appelons les fermiers français à nous soutenir »

Mariia Dudikh a conclu son témoignage par une interpellation directe des agriculteurs français. « Nous appelons les fermiers français à nous soutenir et à arrêter tout business avec les Russes », demande-t-elle, rappelant que chaque centime dépensé en Russie contribue à financer la guerre contre l’Ukraine. Or, « certaines grandes sociétés qui travaillent dans la semence continuent à travailler avec la Russie », et certaines de ces sociétés sont des coopératives, rappelle Mariia Dudikh. « Les fermiers français ont des parts dans ces coopératives, nous vous demandons de soutenir les fermiers ukrainiens », pour « soutenir la paix », a-t-elle insisté, avant d'être très applaudie par la salle.


© Tous droits de reproduction réservés - Contactez Terre-net


Tags

A lire également

Chargement des commentaires


Contenu pour vous

Terre-net Média