Iddri L’affichage environnemental doit traduire une vision de la transition agricole

Terre-net Média

Si la méthode d’analyse du cycle de vie est aujourd’hui la base pour tenter d’élaborer l’affichage environnemental des produits alimentaires, elle a cependant des limites. Pour l’Iddri, cet affichage doit pouvoir rendre compte de l’impact d’un système agricole, et non d’un seul produit. Il apparaît donc nécessaire de réfléchir en amont à la vision de la transition agricole et alimentaire que l’on veut porter à travers cet outil, qui a des impacts sur l’offre et les pratiques alimentaires.

L'affichage environnemental est en expérimentation en France.L'affichage environnemental est en expérimentation en France. (©Ademe) 

L’affichage environnemental n’est « pas un outil neutre car on s’attend à des impacts sur les pratiques alimentaires et sur l’offre, il est donc important de poser la question de quelle vision de la transition agricole et alimentaire on veut porter à travers cet outil », a rappelé Laura Brimont, auteur avec Mathieu Saujot d’une étude de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) sur l’affichage environnemental et alimentaire.

Partant de ce constat, l’étude a pour objectif d’identifier les régimes alimentaires et les visions du système agricole qui sont privilégiés, de façon implicite, dans les options méthodologiques proposées dans le cadre de l’expérimentation sur l’affichage environnemental en France, un outil attendu par les consommateurs mais qui pose des questions méthodologiques et politiques importantes.

Pourquoi définir une vision de la transition pour arbitrer ?

Or, aujourd’hui, l’affichage environnemental repose beaucoup sur la méthode de l’analyse du cycle de vie (ACV) qui se calcule à partir d’un produit, et ne rend donc pas compte d’un système agricole en général. Cette méthode ne mesure pas non plus certains enjeux comme la perte de biodiversité, la santé humaine, ni la fonction éco-systémique de l’agriculture.

« L’enjeu est de reconnecter l’affichage environnemental avec des approches plus systémiques », explique Laura Brimont, qui a présenté les conclusions de l’étude avec Mathieu Saujot lors d’un webinaire, le 16 novembre. L’affichage environnemental doit ainsi pouvoir envoyer des signaux sur les modes de production.

Retrouvez ci-dessous le webinaire du 16 novembre en replay :

Modèle agroécologique extensif, ou intensification durable ?

Si les principales propositions d’affichage environnemental incitent à la réduction des protéines d’origine animale, des divergences existent, en fonction de la définition que l’on choisit pour un système agricole durable. L’étude compare ainsi deux visions de la transition agricole : un modèle agroécologique, qui vise à s’affranchir au maximum des intrants via une complémentarité élevage/cultures végétales, et avec les légumineuses, et un modèle d’intensification durable, qui ne pose pas l’autonomie des intrants comme une condition mais vise plutôt à les limiter, par exemple via l’agriculture de précision.  

« Dans le premier cas, les changements notables de consommation des produits d’origine animale rendent possible cette transition vers un autre système agricole ; dans le deuxième, ils accompagnent simplement les efforts d’intensification afin de réduire la pression sur l’environnement », souligne l’Iddri. Pour orienter la transition vers l’un de ces deux modèles, le choix d’indicateurs complémentaires est nécessaire.

Une nouvelle proposition d’affichage environnemental, tenant compte des conclusions de cette étude, est en cours d’élaboration et sera remise au Parlement dans les semaines qui viennent, a indiqué l'Ademe (Agence de la Transition écologique).


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