Selon la chambre régionale d'agriculture L'agriculture bretonne va devoir « produire moins »

AFP

L'agriculture bretonne va devoir « produire moins », faute de pouvoir assurer un renouvellement suffisant de ses exploitants, et « regagner du lien au sol », ce qui devrait lui permettre de monter en gamme, ont annoncé lundi les présidents des quatre chambres d'agriculture de Bretagne.

Rappelant que 52 % des exploitants agricoles vont partir à la retraite d'ici 10 ans, mais que beaucoup d'exploitations ne seront pas transmises, les élus bretons plaident pour une sortie du modèle productiviste, qui a fait le succès de l'agriculture bretonne après la Seconde Guerre mondiale.

« On a connu une Bretagne avec un modèle intensif qui a su relever de nombreux défis mais aujourd'hui, on est à un tournant, il n'y a plus de modèle unique et on imagine une Bretagne de demain où l'on pourrait être amenés à produire un peu moins avec des exploitations plus résilientes et des revenus décents pour les agriculteurs », a déclaré André Sergent, président de la chambre régionale d'agriculture, lors d'une conférence de presse à l'occasion de la présentation d'un plan stratégique 2019-2025. « On dit à nos jeunes de ne pas regarder dans le rétro. Ce qu'a fait le cédant, c'était sans doute bien à l'époque, mais maintenant il y a sans doute une autre façon de faire », a-t-il ajouté.

Une période « intéressante pour les jeunes qui s'installent »

Pour Didier Lucas, président de la chambre d'agriculture des Côtes-d'Armor, « on va devoir assumer de produire moins, mais avec plus de résilience dans l'alimentation animale, plus de lien au sol et plus de respect de l'environnement ». Une période que l'élu qualifie d'« intéressante pour les jeunes qui veulent s'installer ». « Ils vont pouvoir faire des vrais choix de production avec plus de surface et peut-être un peu moins de volume plutôt que de se voir imposer un modèle », souligne Didier Lucas, qui plaide pour « une montée en gamme ».

Dans leur plan stratégique, les chambres d'agriculture disent vouloir faire en sorte que la Bretagne, qui produit un poulet sur trois et élève 57 % du cheptel porcin en France, reste une terre d'élevage. Elles disent toutefois vouloir s'impliquer dans la construction d'alternatives « techniquement possibles, économiquement viables et humainement vivables » à l'usage des produits phytosanitaires.

Si ce plan ne signe pas pour autant la fin de l'élevage hors sol, critiqué pour son impact sur l'environnement et sur le bien-être animal, les élus agricoles disent vouloir faire de l'agriculture biologique « l'une de leurs priorités ». « Nous avons un rôle essentiel à jouer pour l'accompagnement des agriculteurs vers ces nouvelles pratiques dès lors qu'elles répondent à un marché, et qu'elles offrent des perspectives durables de conditions de travail et de revenu », assurent-ils.


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