; Agriculteurs, industriels et supermarchés alertent sur le coût de l'énergie

Coût de l'énergie L'ensemble des acteurs alertent sur le risque pour la filière alimentaire

AFP

Les fédérations d'agriculteurs (FNSEA, Coopération agricole), des industriels de l'agro-alimentaires (Adepale, Ania, Ilec, Feef), des grandes surfaces (Perifem) ont parlé jeudi d'une seule voix pour lancer un « appel au secours » concernant la « hausse disproportionnée des coûts de l'énergie » pour les entreprises, alors que le gouvernement présente jeudi son plan de sobriété. (Article mis à jour à 21h42)

L'ensemble de la filière alimentaire estime dans un communiqué commun que, faute de mesures importantes pour lutter contre cette hausse, des ruptures de production pourraient avoir lieu, avec des conséquences pour l'emploi, et que le coût du panier moyen des Français pourrait augmenter significativement, « aboutissant à faire supporter par les ménages une part de l'augmentation de l'énergie ».

La filière demande au gouvernement, « au-delà de la mise en place d'une démarche de sobriété pour les entreprises comme pour les consommateurs », d'aller « plus loin ». Ils demandent « un prix plafond sur le gaz utilisé pour la production d'électricité », et que « le volume d'Arenh », c'est-à-dire « l'accès aux fournisseurs alternatifs à un prix régulé à l'électricité nucléaire historique », reste en 2023 « au même niveau qu'en 2022, soit à 120 TWh ».

« Si aucune des deux mesures demandées n'est possible », celles-ci devant être avalisées au niveau européen, la filière demande au gouvernement français la mise en place d'« un tarif réglementé d'urgence accessible à toutes les entreprises », pas uniquement les petites et moyennes, « pour la durée de la crise » et à un niveau « égal à la moyenne pondérée des coûts de production de l'électricité en France ».

La médiatique présidente de la FNSEA Christiane Lambert avait évoqué jeudi sur BFM Business une situation d'« urgence absolue » pour la filière alimentaire, évoquant des coûts de production agricole en hausse de plus de 26 % en un an.

Dans l'après-midi, les producteurs de pommes de terre, de fruits et légumes ont affirmé être « au pied du mur énergétique face à l'explosion du coût de stockage (au froid) de leurs récoltes, lié aux prix de contrats électriques "stratosphériques" proposés actuellement ». A titre d'exemple, le coût du stockage moyen pour 2023 des pommes et des poires passerait ainsi de 0,02 à 0,1 soit une augmentation de + 400 %.

« Sans décision politique en rupture avec la réglementation actuelle (...), il est maintenant certain de voir sombrer une grande partie de la production de pommes de terre, de fruits et de légumes dans les prochains mois », préviennent-ils dans un communiqué.

« Si rien ne change la chaîne alimentaire devra faire face à deux risques : une aggravation de la baisse des volumes de ventes, déjà enclenchée, et une aggravation du niveau de ruptures suite aux arbitrages de production des industriels, car produire devient trop cher », a aussi estimé jeudi sur Twitter le président des magasins Systèmes U, Dominique Schelcher.

Autre conséquence possible brandie par la filière : des hausses de prix qui seraient répercutées en bout de chaîne sur le consommateur. « L'inflation va augmenter en raison de l'augmentation des coûts de production (entre 5 et 30 % selon les produits ou services concernés) », disent les signataires du communiqué commun.

Les Français pourraient « payer leur panier moyen de courses » 15 % plus cher, ce qui aurait pour conséquence de rendre le bouclier tarifaire mis en place pour protéger les consommateurs « en partie inopérant ».


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