; La dérogation sur les jachères sera surement prolongée en 2023

Jachères L'UE envisage de prolonger les dérogations en 2023

AFP

Bruxelles envisage de prolonger en 2023 des dérogations sur les règles environnementales concernant les jachères, afin de permettre aux Vingt-Sept de renforcer leur production céréalière face à l'impact de la guerre en Ukraine, a indiqué lundi le commissaire à l'agriculture Janusz Wojciechowski.

JachèreLe commissaire européen veut prolonger en 2023 la dérogation sur les jachères. (©Terre-net Média)

Pour compenser le manque de céréales russes et ukrainiennes, la Commission avait validé en mars une dérogation « temporaire » pour l'année 2022 à ses règles sur les jachères, y autorisant « toute culture destinée à l'alimentation humaine et animale », soit un potentiel de 4 millions d'hectares supplémentaires.

Dans la Politique agricole commune (Pac) actuelle, les exploitations dépassant 15 hectares doivent compter au moins 5 % de « surfaces d'intérêt écologique » (prairies, haies, arbres, jachères) pour bénéficier des fonds européens. L'exigence sera d'au moins 4 % de jachères (terres non cultivées) dans la nouvelle Pac démarrant en janvier 2023, afin de renforcer la biodiversité et l'enrichissement des sols.

Janusz Wojciechowski, qui avait déjà indiqué vouloir prolonger en 2023 une autre dérogation concernant l'obligation de rotation des cultures sur une même parcelle, a indiqué lundi son intention de proposer aussi à la Commission une extension d'un an de la dérogation sur les jachères, réclamée par une majorité d'Etats.

Concernant la récolte 2022, « on ne sait pas quelles sont les surfaces de jachères véritablement remises en cultures, c'est sans doute bien moins de 4 millions d'hectares, puisque la décision a été prise tardivement (...) En décidant d'une dérogation pour 2023 très à l'avance, nous pourrons mieux évaluer l'impact », a-t-il souligné.

S'exprimant devant les ministres européens de l'agriculture, réunis au Luxembourg, il a rappelé que cette possibilité d'utiliser les jachères -très contestée par les organisations écologiques- restait « un instrument volontaire » au service des États, et non une obligation.

« Environ 340 000 hectares sont concernés en France. Mais c'est un peu tôt dans la saison, on est seulement le 10 juin, pour pouvoir mesurer les effets » de la dérogation, a observé de son côté le ministre français Marc Fesneau.

La décision de Bruxelles avait été prise en mars, donc très tard par rapport aux semis de la saison, et « ce n'est pas partout la même nature de terre, donc difficile de dire si tout est "recultivable" ou peut servir pour faire de l'alimentation animale », a-t-il expliqué devant la presse.

Pour autant, les volumes des récoltes de céréales dans l'UE en 2022 « s'annoncent déjà meilleurs qu'en 2021 » et les rendements attendus l'an prochain « ne devraient guère être inférieurs », a souligné Janusz Wojciechowski, évoquant une première estimation, de quoi selon lui conforter la propre sécurité alimentaire du continent tout en contribuant à celle du monde.


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