Élections chambres d’agriculture La Confédération paysanne espère l'emporter dans plusieurs départements

Terre-net Média

À deux mois du scrutin des élections des chambres d’agriculture, la Confédération paysanne a réuni une cinquantaine de ses membres têtes de liste dans leur département, à son siège national. Le syndicat espère réaliser un meilleur score dans tous les départements, voire d’en « gagner » certains, grâce des positions « qui font sens avec les attentes de la société ».

Dans l'Ariège, la Confédération paysanne espère arriver en tête du scrutin des élections chambres d'agriculture de janvier 2019, avec la liste emmenée par David Eychenne.Dans l'Ariège, la Confédération paysanne espère arriver en tête du scrutin des élections chambres d'agriculture de janvier 2019, avec la liste emmenée par David Eychenne. (©Confédération paysanne de l'Ariège) 

Une cinquantaine d’agriculteurs têtes de liste dans leur département étaient réunis au siège national de la Confédération paysanne, mardi 20 novembre 2018, à moins de deux mois du début du scrutin des élections des chambres d’agriculture de janvier 2019. L’occasion, pour le syndicat, de motiver les troupes, de partager les expériences de campagne entre départements, et d’envisager un meilleur résultat qu’en janvier 2013.

« Je pense que nous pouvons être en mesure de réaliser un score national qui évolue positivement pour ancrer davantage la Confédération paysanne dans la politique agricole nationale », a expliqué Laurent Pinatel, porte-parole du syndicat et coordinateur de la campagne, sans toutefois être lui-même candidat.

Le syndicat espère donc faire un meilleur résultat national que celui obtenu en 2013 (18,53 %), voire même arriver en tête dans certains départements. « On aura des listes partout, et certaines d’entre elles partent pour gagner, comme en Ariège, en Ardèche ou dans certains départements d’Outre-Mer comme Mayotte, la Guyane ou la Réunion. »

« L’Ille-et-Vilaine a perdu 15 % de ses agriculteurs votants en six ans », explique Charlotte Kerglonou-Mellier, tête de liste du syndicat dans ce département. Ça veut bien dire que la politique menée par la FNSEA est un échec. Aucune autre branche d’activité n’a perdu autant de professionnels. Et nous sommes les seuls à se préoccuper du nombre d’agriculteurs sur nos territoires. On peut certainement produire mieux avec plus de paysans.

« On ne veut pas devenir les jardiniers de la nature »

Depuis la rentrée d’automne, les responsables départementaux et nationaux de la Confédération paysanne multiplient les « fermes ouvertes » pour porter leurs revendications autour du slogan « Produire pour vivre ». « On ne veut pas devenir les jardiniers de la nature, poursuit Laurent Pinatel. Notre programme national est cohérent dans tous les territoires : améliorer le revenu des paysans, améliorer la reconnaissance du métier et développer des politiques publiques cohérentes avec les attentes de la société. »

Le syndicat assure porter un discours non-électoraliste. « On ne va pas aller à la course aux voix en adaptant notre discours ! Sur les pesticides, on est là pour défendre les paysans, politiquement et physiquement. Nous défendons une sortie progressive des pesticides, avec des politiques d’accompagnement », détaille Témanuata Girard, porte-parole nationale et tête de liste en Indre-et-Loire. « Les pesticides, il faut en sortir, dans l’intérêt, d’abord, des agriculteurs. »

Et les représentants syndicaux de dénoncer le positionnement du syndicalisme majoritaire sur plusieurs points. « Défendre l’irrigation comme solution au changement climatique n’est pas viable. Il n’y a aucune remise en cause du modèle agricole de certains territoires », dénonce l’agricultrice tourangelle. « Et ce n’est pas en disant aux agriculteurs qu’on va vendre du porc ou du lait en Chine qu’ils vont y croire davantage », complète David Eychenne, éleveur et tête de liste en Ariège.

Le syndicat espère néanmoins que la pression sociétale croissante autour des questions environnementales se traduira favorablement en voix lors du scrutin de janvier prochain. « Les paysans ont envie de changement. Ils sont prêts à s’investir dans la transition écologique », explique Laurent Pinatel. Mais le leader national dénonce « un retard à l’allumage des politiques publiques », ne permettant pas aux agriculteurs de s’engager sereinement.

La Confédération paysanne dénonce aussi le manque d’implication des chambres d’agriculture pour accompagner les agriculteurs dans la transition écologique et « le nécessaire changement de modèle agricole ». « Si les Adear (Associations pour le développement de l’emploi agricole et rural, ndlr) ont autant de place pour traiter des questions de transition, c’est bien parce que les chambres d’agricultures ne sont pas à la hauteur des attentes sur ces sujets. »

Pour la Confédération paysanne comme pour les autres syndicats, l’une des clés du résultat national résidera probablement dans le taux d’abstention. La participation des agriculteurs avait chuté entre 2007 et 2013, passant de 66 % à 55 %. Une participation qui pourrait être tout de même boostée par l’introduction du vote électronique, en plus de vote par correspondance.


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