Mise en œuvre de la Pac La longue liste de griefs d’Orama

Terre-net Média

Ras-le-bol dans les campagnes. A moins de deux mois de la nouvelle campagne de déclaration des aides Pac, les agriculteurs n'ont toujours pas connaissance de l'ensemble des règles et désespèrent de se faire entendre. Orama a profité de la venue de Stéphane Le Foll lors de son Sommet du végétal pour lui faire part de ses doléances.

Philippe Pinta, président d'Orama à la tribune du Sommet du végétal. Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture s'est rendu chaqueanéne à ce sommet depuis qu'il est en fonction. Philippe Pinta, président d'Orama à la tribune du Sommet du végétal en 2013. Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture s'est rendu chaque année à ce Sommet depuis qu'il est en fonction. (©Terre-net Média)

Les responsables de la Fnsea et de ses sections spécialisées (Orama pour les céréaliers) ont utilisé tous les moyens de communication disponibles pour appeler leurs adhérents à se mobiliser ce 13 février. Ils veulent montrer les difficultés rencontrées pour mettre en œuvre la réforme de la Pac, à deux mois de la nouvelle campagne de déclaration des aides.

La Fdsea du nord bassin parisien a mobilisé ses adhérents et Xavier Beulin, président de la Fnsea, a expliqué son action dans  une vidéo.

Le rassemblement d’adhérents des Fdsea dans un certain nombre d’exploitations, où sont invités des représentants des Directions départementales du territoire, est l’occasion de leur lister les problèmes concrets pour conduire à terme leur campagne sans craindre la répression des contrôleurs. Avec l’espoir que leurs doléances seront entendues et feront réagir le ministère de l’Agriculture.

Le 12 février dernier, c’est au Sommet du végétal que Philipe Pinta, président d’Orama, a profité de la venue de Stéphane Le Foll, à Mont-de-Marsan, pour lui rappeler, devant plus de 500 congressistes, les griefs de plus en plus nombreux à l’encontre de la nouvelle Pac et des différents plans d’action lancés.

des déclarations de bonne intention...

Outre les différends qui opposent le syndicalisme majoritaire au gouvernement et à son ministre de l’Agriculture sur certains sujets, ce n’est pas tant l’absence de réponse pragmatique aux problèmes évoqués qui est reprochée, mais le délai entre les déclarations de bonnes intentions et leurs traductions concrètes. Ce qui conduit à un sentiment de léthargie incompatible avec la réactivité dont doivent faire preuve les céréaliers pour conduire leurs exploitations.

Sur de nombreux sujets, la Commission est sur le banc des accusés !

L’accès aux semences obtenues par transgénèse et par mutagénèse symbolise les difficultés des céréaliers à obtenir de nouveaux moyens de production pour être plus performants et plus écologiques dans leurs pratiques culturales.  

L’ensemble constitue autant d’éléments qui entravent la liberté d’entreprendre des céréaliers à laquelle ils sont attachés.

....Pas suivies dans les faits

Les griefs liés à la prochaine campagne mentionnés à Mont-de-Marsan et repris ce 13 février, portent sur la couverture hivernale qu’il sera nécessaire d’implanter dans les exploitations en monoculture de maïs, sur la non reconnaissance du blé dur comme une plante à part entière dans les assolements des exploitations et sur la garantie que les producteurs de soja toucheront au moins une aide couplée de 100 €/ha. Sur le premier point, le ministre de l’Agriculture attend le feu vert de la Commission européenne. Pour le blé dur, il a donné son accord pour construire un plan de relance de la production et pour le soja, il a confirmé son engagement pour que la France soit dotée d’une filière protéagineuse destinée à renforcer l’autonomie fourragère des élevages.

Sinon, le président d’Orama a mentionné les contraintes insurmontables imposées aux agriculteurs candidats à une Maec « zone intermédiaire » portant sur la baisse de l’utilisation d’herbicides. Si elles ne sont pas revues, les céréaliers refuseront de s’engager pendant cinq ans et se verront alors privés d’importantes d’aides.

Certains de ces griefs portent évidemment sur la convergence des aides et le taux de majoration appliqué au 50 premiers hectares. L’idée défendue est de ne pas redistribuer plus de 10 % de l’enveloppe du premier pilier après 2017.

Selon Orama, la convergence des aides ne va, non seulement, pas « soutenir les petites exploitations mais elle va en plus faire disparaître celles de dimension moyenne qui vont venir grossir les plus importantes ».

Enfin, les griefs soulevés par Philippe Pinta portent sur la méthode Azur toujours pas homologuée pour mettre en place le programme d’actions imposé par la cinquième directive nitrates. Mais aussi, sur l’approche expérimentale des certificats d’économie de produits phytosanitaires et sur une approche raisonnée de l’irrigation. Sur tous ces points, le président d’Orama veut que l’on juge les efforts des agriculteurs pour réduire l’utilisation de produits phytosanitaires et d’engrais sur les résultats, sans avoir à leur imposer « des mesures aveugles inefficaces inspirées par des préoccupations d’un autre ordre », « par pure affichage politique ».


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