« Pacte vert » La Malaisie exhorte l'UE à ne pas oublier les pauvres

AFP

La Malaisie a exhorté jeudi l'Europe à ne pas oublier les agriculteurs pauvres du monde entier lorsqu'elle tentera de mettre en oeuvre son ambitieux « Pacte vert » pour la neutralité carbone.

L'Union européenne a lancé en décembre un plan majeur engageant les États membres à bâtir une économie neutre en carbone d'ici 2050, ainsi que d'autres mesures respectueuses du climat. Ce plan vient s'ajouter à l'engagement déjà pris par Bruxelles d'interdire l'huile de palme comme biocarburant en Europe d'ici 2030, ce qui a provoqué la colère de la Malaisie, le deuxième producteur mondial après l'Indonésie. « Quand nous parlons de "Pacte vert" et de durabilité, nous parlons de la vie des gens », a déclaré à l'AFP Teresa Kok, la ministre malaisienne responsable de l'huile de palme. 

L'UE « ne devrait pas (...) oublier la vie des gens, en particulier celle des pauvres », a ajouté Teresa Kok, en mission à Bruxelles pour défendre l'huile de palme en Europe, un composant majeur, mais controversé, dans une large gamme de produits, de l'alimentation aux cosmétiques. Les défenseurs de l'environnement affirment que son utilisation favorise la déforestation, d'énormes pans de forêt tropicale ayant été exploités ces dernières décennies pour faire place à des plantations. Son utilisation dans l'alimentation et les cosmétiques a déjà diminué en Europe, en partie en raison de la pression exercée par les groupes écologistes sur les grandes entreprises, mais elle a progressé dans les biocarburants.

Selon Teresa Kok, la culture de l'huile de palme a pris un virage en Malaisie, avec plus des deux tiers des terres dédiées à cette culture désormais certifiées comme durables. Et ce malgré le fait qu'environ 40 % des terres sont cultivées par de petits exploitants souvent illettrés et appartenant à une génération plus âgée.

Ces agriculteurs sont poussés « à mettre en œuvre les mesures de durabilité (...) j'espère donc que l'UE pourra apprécier tous les efforts du gouvernement malaisien et aussi de l'industrie », a-t-elle déclaré. Teresa Kok a expliqué qu'elle était principalement à Bruxelles pour « dialoguer » avec les responsables de l'UE, mais que la Malaisie était prête à rejoindre l'Indonésie dans sa plainte contre les politiques anti-palmier à huile devant l'Organisation mondiale du commerce. « Nous espérons que nous n'aurons pas besoin d'aller devant l'OMC, mais que nous pourrons faire accepter » la certification malaisienne sur la culture durable de l'huile de palme, a-t-elle déclaré.


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