[Synthèse] Herbicide Emmanuel Macron veut interdire le glyphosate au plus tard dans 3 ans en France

Arnaud Carpon, avec AFP Terre-net Média

[Mise à jour 28/11 8h55] En comité d’appel, les 28 Etats membres ont voté, lundi 27 novembre 2017, en faveur d’un renouvellement du glyphosate pour une période de cinq ans. Quelques heures après l'annonce de cette décision, le Président de la République annonçait sur son compte twitter que le glyphosate serait interdit « en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans ».

Les 28 Etats membres se sont prononcés en majorité pour un renouvellement du glyphosate de cinq ans, lundi 27 novembre 2017.Les 28 Etats membres se sont prononcés en majorité pour un renouvellement du glyphosate pour cinq ans, lundi 27 novembre 2017. (©Watier Visuels)

« J'ai demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l'utilisation du glyphosate soit interdite en France dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans », a écrit le chef de l'Etat sur son compte Twitter, quelques heures après la décision des Etats membres de l'UE dans un comité d'appel.

Un peu plus tôt, le cabinet du Premier ministre Edouard Philippe avait fait savoir que la France « regrettait » le résultat du vote européen et demandait à la Commission européenne de faire « rapidement » des propositions pour revoir ses modes d'évaluation des substances chimiques.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert s'était, lui, déclaré « heureux » que les Etats membres de l'Union européenne soient parvenus à un accord, mais avait appelé à trouver des solutions de remplacement.

Invitée de nos confrères de RTL mardi matin, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, a dénoncé la « posture politique » du chef de l'Etat. « La position du président Macron n'est pas sérieuse, 'est un déni d'Europe et de ses promesses de campagnes. Quand on aime l'Europe comme Emmanuel Macron, on en accepte les principes et les décisions même quand ils ne nous arrangent pas. Il ne peut y avoir d'un côté la France de l'économie et de l'autre côté la France de l'écologie, ça ne marche pas. »

Vote européen surprise pour une durée de cinq ans

Lundi 27 novembre 2017 à Bruxelles, rien ne laissait penser que les 28 Etats membres réunis en comité d’appel trouveraient une majorité qualifiée. Ils ont voté en faveur de la proposition de la Commission européenne pour  un renouvellement du glyphosate pour une période de cinq ans.

Dix-huit pays ont voté pour, représentant à peine plus des 65 % de la population de l'UE nécessaires. Neuf s'y sont opposés et un seul pays s'est abstenu, ce qui a permis d'atteindre la majorité qualifiée requise, contrairement à un premier vote début novembre.

Après s’être abstenue au tour précédent début novembre, l'Allemagne a voté en faveur de la proposition, après avoir demandé des modifications au texte en lien avec des restrictions sur l'usage privé du glyphosate et le respect de la biodiversité, selon une source proche du dossier.

En tant que grand pays européen s’abstenant de choisir entre une approbation ou un refus, l’Allemagne portait finalement la responsabilité de ce feuilleton du renouvellement du glyphosate.

La France, quant à elle, a profité de l’abstention répétée de son voisin pour imposer sa position d’une sortie progressive mais rapide de la molécule. Lorsque la Commission européenne proposait un renouvellement de dix ans, la France s’y est opposée en suggérant plutôt « cinq à sept ans », affichant au passage le désaccord manifeste entre le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot défendant une durée de cinq ans, et du ministre de l’agriculture Stéphane Travert favorable à une période de sept ans.

Position cruciale de l'Allemagne

Sous cette pression française soutenue notamment par l’Italie, Bruxelles avait proposé une première fois, début novembre, un renouvellement limité à cinq ans. Proposition qui avait été rejetée par la France et quelques autres pays, et surtout par l’abstention de l’Allemagne.

Pour cet ultime vote du 27 novembre, la France a voté contre, défendant désormais une période de trois ans.

Le changement de position de l’Allemagne, un poids lourd démographique, a contribué à faire pencher la balance en faveur de cette nouvelle autorisation. « Le vote d'aujourd'hui montre que quand nous voulons, nous pouvons partager et accepter notre responsabilité collective dans la prise de décision », a réagi le commissaire européen à la Santé Vytenis Andriukaitis, cité dans un communiqué.

La Commission européenne va maintenant adopter une décision avant que l'autorisation actuelle n'expire le 15 décembre. Si le vote en appel de lundi avait aussi enregistré une impasse, c'est l'exécutif européen qui aurait dû trancher.


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