Agriculture bio Le projet de Bruxelles divise en France

Afp

PARIS, 02 avr 2014 (AFP) - Le projet de la Commission européenne visant à durcir le régime de certification de l'agriculture biologique est logiquement bien accueilli par les agriculteurs bio, moins bien par les coopératives agricoles.

Pour la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab), « ce futur nouveau règlement doit permettre à l'agriculture biologique de prendre sa vraie place dans le paysage agricole européen et français ». Et la Fédération demande à l'État français d'aller dans le même sens, dans un communiqué.

Les coopératives agricoles en revanche relèvent dans ce projet plusieurs « risques majeurs ». Coop de France s'insurge notamment contre le projet d'interdire des exploitations mixtes, combinant production bio et conventionnelle. « Cette suppression va fragiliser le développement des conversions à l'AB (agriculture biologique, ndlr) et ralentir l'essor de l'agro-écologie », juge l'organisation dans un communiqué publié mardi soir. Elle s'oppose également à de possibles fins de dérogations, qui reviendraient « à nier la diversité des situations des exploitations biologiques en France et en Europe ». Parmi les 2.800 groupes coopératifs représentés par Coop de France, 550 ont au moins une activité dans le secteur bio.

La Coordination rurale rejette elle aussi cette idée de mettre fin à la mixité. Car pour elle, « il y a de multiples raisons valables pour ne pas convertir l'ensemble de son exploitation en AB : productions sans cahier des charges, présence ou absence de débouchés, productions compliquées techniquement », etc.

La Commission a proposé fin mars de durcir le régime de certification pour lutter contre le vrai-faux bio qui se développe en Europe face à une demande en hausse. L'exécutif européen entend à la fois mettre fin aux nombreuses dérogations qui menacent, selon elle, de priver de contenu le label bio dans l'UE, ouvrir le secteur aux petits producteurs souvent découragés par la lourdeur des actuelles procédures, doper les exportations et empêcher des importations n'ayant de bio que le nom. Parmi les mesures phares proposées par la Commission, dont l'objectif affiché est d'arriver à du « 100 % bio », figure l'interdiction des exploitations mixtes. 


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