Réforme de la Pac Les 28 ne se prononceront pas sans connaître le budget

AFP

Les ministres de l'agriculture européens ne donneront pas leur position sur la réforme de la Politique agricole commune post-2020 sans connaître le nouveau budget pluriannuel de l'UE, a affirmé lundi le ministre français Didier Guillaume.

« La position de la France est très claire : tant que nous n'avons pas le cadre financier pluriannuel, c'est compliqué d'aller plus loin », a déclaré Didier Guillaume lors d'un point avec des journalistes en marge d'une réunion des 28 ministres de l'agriculture à Bruxelles. « Cela n'aurait pas de sens », a-t-il ajouté. Reste à savoir si le prochain budget pluriannuel de l'UE pour la période 2021-2027 sera décidé d'ici la fin de l'année. Lors d'un sommet en juin, les dirigeants de l'UE ont prévu d'échanger en octobre, dans l'objectif « d'un accord avant la fin de l'année ».

La proposition de budget avancée par la Commission est sur la table depuis plus d'un an et vise à concilier de nouvelles priorités (migrations, sécurité intérieure, défense) avec les politiques historiques de l'UE, malgré le départ prévu du Royaume-Uni, un des principaux contributeurs. Cela nécessitera selon la Commission des coupes franches dans des secteurs emblématiques, notamment au niveau de la Pac. La présidence roumaine de l'UE, qui s'est achevée en juin, avait dans un premier temps prévu d'obtenir une « orientation générale » partielle des États membres sur la nouvelle politique agricole commune avant l'été, avant de renoncer à cet objectif et d'établir simplement un rapport de progression des discussions. Didier Guillaume espère avoir un budget d'ici la fin de l'année « parce que, mine de rien, ensuite il va falloir travailler sur toute la partie transitoire ».

Réécouter l'émission RDV agri de Thierry agriculteur d'aujourd'hui sur la politique agricole commune : La Pac a-t-elle encore un avenir ?

La prolongation des négociations pourrait décaler le démarrage de la nouvelle Pac, attendue début 2021, de quelques mois. Les États membres, mais aussi le Parlement européen, doivent encore adopter leurs positions sur la proposition de la Commission avant de se retrouver pour négocier un texte de compromis. Les États membres ont demandé à la Commission d'avancer des propositions transitoires en prévision du décalage. Une période de transition avait déjà été appliquée en 2013, lors des négociations sur la précédente réforme de la politique agricole commune.


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