Etats généraux de l'alimentation Les distributeurs pour une évolution des relations commerciales

AFP

Les grandes enseignes françaises de la distribution sont « favorables » à une « évolution » de la législation régissant les relations commerciales entre distributeurs et fournisseurs, a indiqué mercredi la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

Le système des relations commerciales est aujourd'hui « touffu, instable et pas forcément compréhensible (...) Nous sommes favorables à une évolution », a déclaré Jacques Creyssel, président de la FCD, lors des auditions à l'Assemblée nationale dans le cadre des Etats généraux de l'alimentation. Pour lui, « ce système favorise les grands industriels au détriment des PME » et contribue à affaiblir l'ensemble de la filière agroalimentaire. L'évolution devra « réaffirmer la liberté de négociation, mieux prendre en compte les coûts de production », notamment pour des agriculteurs, mais également « instaurer davantage de transparence » sur la répartition de la valeur entre les différents acteurs, afin de « s'assurer que les efforts faits par certains reviennent bien dans la poche des producteurs ».

Jacques Creyssel a jugé « intéressantes » les propositions faites par Christiane Lambert. La présidente de la FNSEA estime qu'il faudrait légiférer pour revoir à la fois l'encadrement des promotions en grande surface, le seuil de revente à perte (SRP), les prix minimums et les promotions. Il s'est également déclaré favorable au fait « d'aller plus loin en matière de contractualisation » avec les producteurs, et aux réflexions autour de « mécanismes pour faire face à la volatilité des prix agricoles comme la création d'un compte aléas défiscalisé ».

Concernant la crise que subit le monde agricole, « il est traditionnellement de bon ton de dire que tout est de la faute de la grande distribution », mais la « réalité aujourd'hui est que la marge des distributeurs se situe autour des 0,8 % », alors que « certains industriels de célèbres boissons gazeuses font eux des marges nettes entre 16 et 19 % », a souligné le président de la FCD.

Enfin, « le sujet de la répartition de la valeur se pose, mais seulement une fois qu'on aura créé cette valeur », a-t-il martelé, incitant les producteurs à s'adapter aux nouvelles demandes des consommateurs. « Le consommateur est aujourd'hui prêt à payer plus cher pour des produits » bio, plus sains ou de qualité supérieure, « c'est une opportunité de créer de la valeur pour tous. C'est une chance historique, il faut savoir la saisir », a-t-il affirmé.


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