Vœux 2018 « Prix, perspectives, projets », les trois priorités de la FNSEA pour 2018

Terre-net Média

Avec un rythme de travail soutenu imposé par la méthode Macron, la FNSEA entend faire avancer, en 2018, les chantiers ouverts lors des Etats généraux de l’alimentation, notamment ceux de la revalorisation des prix et de l’usage des produits phytosanitaires. Avec en ligne de mire, les prochaines élections chambres d’agriculture, prévues en janvier 2019.

Christiane Lambet, présidente de la FNSEA, avec Henri Biès-Péré, vice-président du syndicat, lors de la présentation des voeux à la presse le 9 janvier 2018. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, avec Henri Biès-Péré, vice-président du syndicat, lors de la présentation des voeux à la presse le 9 janvier 2018. (©Terre-net Média)

Après une année 2017 riche en événements, ponctuée par le décès brutal de Xavier Beulin, puis par les élections présidentielles et législatives, et rythmée ensuite par les ateliers des Etats généraux de l’alimentation promis par Emmanuel Macron, l’année 2018 s’annonce, pour la FNSEA, tout aussi dense.

« Le nouveau Gouvernement travaille en mode start-up. Cela nous oblige à travailler plus vite sur les dossiers », a expliqué Christiane Lambert, présidente du syndicat majoritaire élue en avril dernier, lors de la présentation de ses vœux à la presse mardi 9 janvier 2018.

Pour la FNSEA, il s’agit de poursuivre et finaliser les nombreux chantiers ouverts par les Etats généraux. A commencer par la revalorisation des prix à la production. « Les EGA nous ont permis d’ouvrir des pistes pour faire baisser nos charges et surtout revaloriser les prix de nos productions et recréer de la valeur. Ils ont permis de parler des valeurs symboliques et économiques de l’alimentation. » Satisfaite que les ateliers aient permis de mettre « tous les sujets sur la table », Christiane Lambert veut « tourner la page d’une vision déflationniste, toujours moins chère, de l’alimentation ».

Projet de loi présenté le 31 janvier

Le syndicat entend « raisonner la chaîne alimentaire comme une grande entreprise à plusieurs filiales » avec « une construction du prix en marche avant », c’est-à-dire la prise en compte des coûts de production à tous les niveaux de la chaîne. L’objectif est de stopper la « perte annuelle d’un milliard d’euros de valeur » dans le secteur agricole et agroalimentaire.

Sur ce dossier, la prochaine étape aura lieu le 31 janvier 2018. Le Gouvernement doit présenter en conseil des ministres son projet de loi résultant des Etats généraux. Un projet de « loi expérimentale sur deux ans », selon la FNSEA, qui contiendra l’encadrement des promotions et le relèvement du seuil de vente à perte.

Sur ce dossier, une nouvelle loi, qui prendra le relais de tant d’autres, permettra-t-elle de rééquilibrer les rapports de force, et donc de rééquilibrer la répartition de la valeur ajoutée entre producteurs, transformateurs et distributeurs ? Le syndicat l’espère. Mais pour les négociations en cours jusqu’à fin février, « ça se passe mal », concède Christiane Lambert. « Les médecins du travail déconseillent aux femmes enceintes travaillant dans le commerce d’aller dans les box de négociation, tellement le niveau de stress et de pression est élevé », raconte-t-elle. « Sans une loi, cela ne marchera pas. »

De son côté, la FNSEA devrait détailler fin février, à la veille du salon de l’agriculture ce qu’elle met dans son « contrat de solutions », présenté mi-novembre dernier.

Avec ce « contrat de solutions », la FNSEA veut proposer une « trajectoire de progrès » en matière pratiques culturales et d’usage de produits phytosanitaires, pour satisfaire les exigences du Gouvernement. « Mais il ne faut pas leurrer l’opinion sur ce sujet », prévient Christiane Lambert. « Nicolas Hulot continue de parler d’élimination des phytos à court terme alors qu’il laisse 23 ans au secteur automobile pour faire sa transition », regrette-t-elle, rappelant au passage que « le plan écophyto 2 court toujours, avec un objectif de réduction de 25 % en 2020 et 50 % en 2025 ». « Le zéro phyto sous serre, on sait faire. Le zéro phyto dans les champs, il nous faut plus de temps », a-t-elle martelé.

Le zéro phyto sous serre, on sait faire. Le zéro phyto dans les champs, il nous faut plus de temps.

Aussi bien en matière de prix et rémunération que d’évolution des pratiques culturales et d’élevage, la FNSEA veut peser dans les débats, et offrir des « perspectives » réalistes aux agriculteurs.

Se mettre en « mode projet » pour avancer

Et malgré les difficultés et incertitudes économiques, le syndicat veut inciter les agriculteurs à « se mettre en mode projet. « Que ce soit en individuel, à plusieurs ou à l’échelle d’un territoire, développer des projets permet d’aller de l’avant », pour que « ceux qui doutent ou qui décrochent » rejoignent « ceux qui avancent ou qui foncent ».

Le syndicat indique travailler en « mode projet » sur de nombreux sujets, comme celui du numérique. « Nous travaillons sur ce sujet depuis plusieurs mois. Nous allons proposer aux firmes une charte d’engagement sur l’usage des données des agriculteurs. » Le syndicat veut aussi travailler sur la communication. « Nous devons faire parler plus d’agriculture et de son influence dans l’économie de notre pays. »

« Des prix, des perspectives et des projets » : voilà ce que veut entreprendre et défendre le syndicat pour cette année 2018, en vue des prochaines élections des chambres d’agriculture, qui se dérouleront en janvier 2019. A l’approche de l’échéance électorale, « il ne faut jamais être serein », réagit Christiane Lambert. « Nous restons au travail, en proximité avec les agriculteurs. Nous saurons défendre notre bilan ».


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