Produits phytosanitaires Le plan gouvernemental pour réduire la « dépendance aux phytos »

AFP

Diminuer l'utilisation des substances préoccupantes et mieux connaître les impacts des produits phytosanitaires : le gouvernement a détaillé mercredi les mesures de son plan d'action pour réduire la dépendance de l'agriculture aux produits phytosanitaires.

Pulvérisateur en plaineLa recherche sera renforcée pour offrir aux agriculteurs un panel de méthodes alternatives avec notamment un soutien accru aux produits de biocontrole, annonce le gouvernement. (©Watier Visuel)

« Ce plan prévoit très clairement de s'opposer à toute prolongation ou toute nouvelle ré-autorisation premièrement de substances cancérogènes de catégories 1 [les plus dangereuses], les substances de catégorie 1 dites mutagènes, les substances toxiques pour la reproduction de catégorie 1, et tous les  perturbateurs endocriniens », a déclaré à l'AFP le ministre de la transition  écologique, Nicolas Hulot.

Promis dans le cadre des états généraux de l'alimentation (EGA), ce plan contient de multiples mesures dont certaines ont déjà été lancées. Ainsi, parmi les leviers législatifs et financiers qui seront mobilisés, le projet de loi issu des EGA, actuellement en discussion à l'Assemblée nationale, comprend déjà des dispositions relatives à la séparation de la vente et du conseil sur les produits phytopharmaceutiques.

Le grand plan d'investissement de 5 milliards d'euros pour l'agriculture promis par le président Emmanuel Macron « sera en partie mobilisé pour accompagner la transformation des systèmes de production, la construction et la diffusion d'alternatives aux produits phytopharmaceutiques », a précisé le gouvernement.

Les quatre priorités du « plan d'action pour réduire la dépendance de l’agriculture aux produits phytopharmaceutiques »

Priorité n° 1 : diminuer rapidement l’utilisation des substances les plus préoccupantes pour la santé et l’environnement, dans le prolongement des recommandations du rapport inter-inspection de fin 2017 ;

Priorité n° 2 : mieux connaître les impacts pour mieux informer et protéger la population et les professionnels et préserver l’environnement ;

Priorité n° 3 : amplifier la recherche-développement d’alternatives et la mise en oeuvre de ces solutions par les agriculteurs ;

Priorité n° 4 : renforcer le plan Ecophyto 2, améliorer sa gouvernance et son fonctionnement.

Soutien accru au biocontrole

Des dispositions législatives seront également prises pour « réduire les risques concernant les riverains des zones agricoles liés à l'utilisation de produits à proximité des lieux d'habitation ». Le gouvernement va également renforcer le plan Ecophyto 2, pour « améliorer sa gouvernance et son fonctionnement ». Pour le ministre, « les premiers plans Ecophyto n'ont pas rempli les objectifs qu'ils s'étaient donnés, pourtant il y a eu un certain nombre de moyens mis à disposition. Il faut en tirer les leçons ».

Parallèlement, la recherche sera renforcée pour offrir aux agriculteurs un panel de méthodes alternatives avec notamment un soutien accru aux produits de biocontrole, c'est-à-dire la neutralisation des agresseurs avec leurs prédateurs, en général des insectes. « L'idée est de mettre la priorité sur le biocontrole. Concrètement, ça veut dire qu'on va accompagner, simplifier, réduire les délais pour les solutions de biocontrole et les substances de base pour que ces substances puissent arriver dans un délai très court sur le marché », a encore assuré Nicolas Hulot.

Par ailleurs, la redevance pour pollutions diffuses sera modernisée et progressivement renforcée. Elle sera davantage modulée pour mieux tenir compte de la dangerosité des produits. Ses recettes contribueront à financer l'accompagnement des agriculteurs, dans le cadre du plan Ecophyto et de la conversion à l'agriculture biologique (de l'ordre de 50 millions d'euros à compter de 2019).


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