Confédération paysanne Un « Salon à la ferme » relocalisé, à la place du salon de l’agriculture

Terre-net Média

Si le Salon de l’agriculture ne se tiendra pas cette année, du moins de façon physique, la Confédération paysanne ne renonce pas à ce moment fort de la vie syndicale et organise un « salon à la ferme ». L’enjeu : montrer simplement la réalité des fermes, et échanger sur les différents enjeux de l’agriculture paysanne, dans un contexte qui remet en avant la relocalisation.

Du 27 février au 7 mars 2021 devait se tenir, comme tous les ans, le Salon de l’agriculture, à Paris. Contexte sanitaire oblige, l’évènement n’aura pas lieu, mais pour ne pas se priver de ce moment d’échange important, la Confédération paysanne a décidé d’organiser un « salon à la ferme ».

« L’enjeu, c’est d’ouvrir simplement et normalement nos fermes pour montrer comment on y travaille, comment on y vit, et échanger sur le projet de la Conf’ », a expliqué le porte-parole du syndicat, Nicolas Girod, à l’occasion d’une conférence de presse à distance le 11 février. Des portes-ouvertes qui permettront de « reconnecter les attentes entre le monde paysan et les citoyens à partir d’un projet agricole sur l’enjeu de la relocalisationqui est aussi un projet de société et alimentaire », poursuit-il.

Près de 200 fermes seront ainsi ouvertes sur le territoire, dont 22 visites particulièrement ciblées sur l’accueil de politiques, avec la mise en avant les thématiques fortes du projet de la Confédération paysanne : accords de libre-échange, justice de proximité, défense des produits fermiers, retraites agricoles, Pac, transmission, foncier… Des sujets sur lesquels des décisions imminentes sont parfois attendues, développe Véronique Marchesseau, secrétaire générale du syndicat.

L’affiche du Salon à la ferme traduit l’état d’esprit de l’événement : en clin d’œil au SIA traditionnel, une vache figure bien sur le visuel, « mais on fait apparaître des paysans et paysannes, avec Angélique et Laurent, installés dans le Rhône sur une ferme très diversifiée en élevage », indique Véronique Marchesseau. Le lancement aura lieu quant à lui le 25 février en Loire-Atlantique, en partenariat avec le collectif "Plus jamais ça", sur les thèmes de l’élevage paysan, la formation et l’installation.

Le gouvernement réticent à l’échange ?

Si un certain nombre d’élus ont confirmé leur présence (parlementaires, députés européens…), aucun des membres du gouvernement n’a pour l’instant donné de réponse formelle. Pour Nicolas Girod, cette absence de considération est d’autant plus « déplorable » que lorsque les ministres ou le président se déplacent sur des exploitations agricoles, ce sont « les chambres d’agriculture qui mettent en place les visites de ferme, sur des exploitations FNSEA ou JA, et on doit à chaque fois forcer la porte pour être reçu dans ce contexte, souvent à la va-vite ».

Le porte-parole de la Confédération paysanne regrette ce manque de dialogue avec les autres sensibilités syndicales, d’autant plus que l’échange est au cœur de cette opération. « On n’est pas du tout dans l’objectif de leur tendre un guet-apens pour les obliger à se positionner », insiste Nicolas Girod, qui espère bien obtenir des réponses d’ici le lancement de l’opération.  


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