Manifestation du 3 septembre Une démonstration de force des agriculteurs attendue jeudi à Paris

Afp

Les agriculteurs ont prévu une démonstration de force jeudi et promettent de bloquer Paris avec « plus de 1.000 tracteurs » pour exprimer leur désespoir face à l'effondrement des cours et demander des réformes de fond.

Pour retrouver le déroulement de cette manifestation, cliquez sur : Manifestation des agriculteurs du 3 septembre 2015 à Paris. 

Tracteurs d'agriculteurs bretons Les agriculteurs bretons sont partis dès mardi matin pour la manifestation de jeudi à Paris. (©Fdsea Finistère)

C ette manifestation, à l'appel du puissant syndicat agricole Fnsea et des JA (Jeunes agriculteurs), reflète le malaise exprimé cet été par les éleveurs français (lait, viande bovine et porcine) qui ont vu les prix de leurs productions chuter au point de mettre en danger leurs exploitations.

Les 15 premiers tracteurs sont partis mardi de la Pointe Saint Mathieu , site emblématique du Finistère. La Fnsea et les JA ont lancé un appel à la mobilisation des paysans , issus de toutes les productions, pour venir manifester le 3 septembre à Paris, après environ 500 actions menées tout l'été à travers le territoire , rappellent les deux organisations. Une délégation d'une centaine d'agriculteurs se rendra par ailleurs jeudi matin à l'Assemblée nationale pour remettre aux députés les « demandes et doléances d'un monde paysan, d'un monde rural au bord de l'explosion et qui attend beaucoup de ses représentants nationaux », écrivent mardi les deux présidents, Xavier Beulin (Fnsea) et Thomas Diemer (JA) dans un courrier adressé aux députés. L'Assemblée nationale ne siégera cependant qu'à partir du 14 septembre. 

Toute l'agriculture française sera donc représentée, des céréaliers aux planteurs de betteraves, confrontés à la chute des prix du sucre dans l'Union, mais les éleveurs comptent particulièrement profiter de ce rassemblement pour se faire entendre.

« Nous espérons des résultats. Nous n'allons pas à la parade faire le 14 juillet des tracteurs », a averti Sébastien Louzaouen, le président des Jeunes agriculteurs du Finistère, département d'où une délégation est partie dès mardi pour rejoindre la capitale . « On est a bout, poursuit le producteur de lait. Si on montre qu'on peut bloquer Paris , ça fera peut être bouger le gouvernement. Désolé pour les Parisiens, mais les paysans arrivent ». Les tracteurs, ornés du « gwen ha du », le drapeau breton, et sur lesquels on pouvait lire des slogans tels que « La colère paysanne monte à Paris» , « La bureaucratie tue l'emploi », ou encore « Au secours, nous mourrons », ont pris la direction de Paris dans la matinée à la vitesse de 35 km/heure, et ont fait étape à 19h à Dol-de-Bretagne, en Ille-et-Vilaine, avant de se diriger vers la Normandie.

Trois convois convergeront vers Paris, précise la Fnsea. Le syndicat réclame du concret pour que l'agriculture française ne « parte pas en liquidation ». « Au-delà de l'urgence, nous voulons une véritable ambition pour l'agriculture française, pas une solution miracle, mais un ensemble de décisions courageuses pour sortir les paysans du marasme », insiste-t-elle, jugeant que le plan de soutien à l'élevage présenté par le gouvernement « est insuffisant ».

une "pause" dans l'empilement

Le gouvernement a annoncé le 22 juillet un plan d'urgence pour les éleveurs de 600 millions d'euros, dont 100 millions immédiatement disponibles, et 500 millions sous forme de garanties de prêts pour les exploitants surendettés. Mais, le monde agricole, au-delà de mesures de court-terme pour faire face aux trésoreries exsangues, réclame aussi une « pause » dans l'empilement réglementaires et normatifs qui plombe les producteurs français au profit de leurs concurrents européens. Xavier Beulin souhaite un moratoire d'un an sur toute nouvelle disposition réglementaire. « Quand la France va au-delà de la norme européenne, il est temps de se poser les bonnes questions » répète-t-il.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a déjà indiqué que « des annonces ser(aie)nt faites le 3 septembre », sans plus de détails. Mais il souligne aussi que la crise est liée à un excédent de production sur le marché européen dû à l'embargo russe, pour le porc, ou à un excédent mondial, pour le lait, et qu'il faut donc agir au niveau communautaire.

Stéphane Le Foll a d'ailleurs demandé la réunion d'un conseil européen extraordinaire des ministres de l'Agriculture, le 7 septembre. La Fnsea a déjà prévu une autre mobilisation ce jour là à Bruxelles. La Confédération paysanne y sera aussi, mais elle a refusé de s'associer aux mouvements des syndicats majoritaires et organisera ses propres actions en régions.

Par ailleurs, la société de fret ferroviaire Combiwest, créée par des agriculteurs bretons, a indiqué mardi qu'elle renonçait à bloquer le trafic des trains en région parisienne jeudi pour protester contre les entraves à son développement.


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